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TOUL, IMPRIMERIE ET FONDERIE DE J. CAREZ.

DES CHRONIQUES

NATIONALES FRANCAISES,

ÉCRITES EN LANGUE VULGAIRE.

DU TREIZIEME AU SEIZIÈME SIÈCLE,

AVEC NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS,

PAR J. A. BUCHON.

CHRONIQUE DE J. DE LALAIN,

PAR

G. CHASTELLAIN.

TOR LIBRAE

NEW-YORK

PARIS,

VERDIERE, LIBRAIRE, QUAI DES AUGUSTINS, No25.
J. CAREZ, RUE HAUTE FEUILLE, No 18

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1825,

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ENDANT tout le siècle qui s'écoula depitis la malheureuse bataille de Poitiers en 1356, jusqu'aux dix années qui précédèrent l'expulsion définitive des Anglais en 1453, la France, déchirée à la fois. et par les attaques des ennemis du dehors et par les querelles intestines du souverain avec les grands vassaux qui l'abandonnaient au moment du besoin ou se joignaient même aux Anglais contre lui, sans agriculture, sans industrie, sans commerce, sans capitale qui pût servir au moins de refuge aux arts et aux lettres naissantes, sans trève et sans repos, ne semblait plus conserver assez de vie pour pouvoir jamais se former en corps de nation forte et unie. Tandis que les Anglais occupaient ses plus belles provinces du sudouest et étendaient leur influence turbulente sur celles du nord, le roi de Navarre au midi s'avançait pour venger ses injures, et fort de ses anciens droits sur la Champagne enlevée à sa famille et de ses nouveaux droits sur le comté d'Évreux, prince français, il entourait les souverains français de sa puissance et de ses intrigues. Au nordouest les dues de Bretagne alliés constants des Anglais aspiraient à l'indépendance, et les ducs de

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Bourgogne, souverains d'un état opulent, n'étaient déjà plus dépendants que de nom. Il y avait en France des Bourguignons, des Bretons, des Provençaux, des Nayarrois, des Anglais; on se demandait où étaient les Français.

De tous les grands vassaux les ducs de Bourgogne du sang des Valois, furent ceux qui conserverent le plus long-temps leur influence audedans de la France et leur prépondérance dans leurs propres états. « Je veulx bien que chacun scaiche, disoit Philippe-le-Bon en 1464 au chancelier de France", que s'y j'euisse voullu je feusse roi. » C'est à lui surtout que l'empereur Constantin Paléologue, menacé de près par les Turcs, s'adressait pour réclamer des secours. Les nombreux vaisseaux des marchands flamands qui parcouraient les mers du Levant (") l'avaient fait placer par les peuples de l'orient au rang des plus puissants souverains et on le connaissait sous le nom de Grand duc de l'occident. Si ce duché ne devint pas un royaume à la faveur des troubles qui désolaient les états du suzerain, il faut moins l'attribuer peut-être à la jolousie de l'empereur d'Allemagne et du roi de France qu'à l'esprit de résistance qui animait encore les villes opulentes de la Flandre. Malgré tous les efforts des ducs de

(1) Mémoires de J. du Clercq L. 5 Ch. 15. J. A. B.

(2) Voyez un excellent mémoire de Mr. de Reiffenberg sur l'état de la population, des fabriques et manufactures et du commerce dans les provinces des Pays-Bas, pendant le 15e. et le 16e. siècle. Ce mémoire, couronné par l'académie royale de Bruxelles, se trouve dans la collection des Mémoires des prix pour 1820. J. A. B.

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