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premier mouvement d'indignation, eût 1 juillet 1870, Tseng reprit son ancien probablement coupé court à la carrière gouvernement des Deux-Kiang, protecdu futur vice-roi.

teur et protégé faisant un véritable

chassé-croisé. La Gazette de Pékin, du 14 novem- Tseng Kouo-fan mourut deux ans plus bre 1863, renferme un décret dans lequel tard à Nankin, le 12 mars 1872. Il il est dit, entre autres choses, que «Li n'avait que soixante-cinq ans. La Chine Hong-tchang, depuis qu'il remplit le perdait en lui un de ses plus grands poste de gouverneur du Kiang-Sou, a hommes d'Etat, et Li son protecteur; montré beaucoup de prudence et de pré- mais l'ex-secrétaire du général en cher voyance et que sa tactique habile a des armées contre les Tai-Ping était complètement réussi. Il s'est emparé à devenu le plus formidable rival de son différentes reprises de plusieurs villes, ancien maître. et il a obtenu de grands honneurs sur La mort de Tseng Kouo-fan laissait le champ de bataille. Et maintenant la le champ libre à l'ambition de Li. Il prise de Sou-tcheou le rend encore plus ne redoutait plus que deux de ses coldigne de louanges. Comme marque de lègues; mais l'un, Tso Tsung-Tang comson entière approbation, il est agréable battait les mahometans de Kachgarie, à Sa Majesté de lui conférer le titre et il ne devait revenir de sa campagne honorifique de gouverneur du Prince que malade, aigri, insupportable: on impérial et de lui faire cadeau d'une l'envoya gouverner les deux Kiang pour jaquette jaune».

remplacer l'autre rival de Li, Chen PaoÀ la fin de la campagne contre les chen, qui s'était laissé mourir fort à Tai-Ping et à la suite de nouveaux ser- propos. vices rendus par lui, particulièrement Li est donc aujourd'hui le vrai maître avec une flotte devant Nankin, l'Empe- de la politique de son pays. Il a su reur conféra au Fou-tai du Kiang-Sou placer un grand nombre de ses créala noblesse héréditaire de troisième rang tures dans des postes importants. Son (Pe-comte) et la plume de paon à deux propre frère Li Han-tchang est même yeux (chouang, yen hoa ling).

l'un des gouverneurs généraux de l'une Deux ans plus tard, Li Hong-tchang des dix-huit provinces. La longue miremplaçait son protecteur Tseng comme norité des empereurs Tong-Tche et Gouverneur général des deux Kiang, un Kouang-Su aura d'ailleurs contribué des postes les plus importants de la beaucoup à affirmer son influence. LorsChine: c'est le seul gouvernement de que Tong-tche mourut, le 12 janvier l'Empire qui embrasse trois provinces : 1875, beaucoup crurent que Li, à la Kiang-Sou, Ngan-houei, Kiang-si, arro- tête de son armée, peu éloigné de Pésées par le Yang-Tseu-Kiang.

king, profiterait de l'établissement de

la nouvelle régence pour tenter un coup Le 21 juin 1870, le consul de France, d'Etat et se substituer, lui Chinois, à M. Fontanier; son chancelier, M. Simon; l'occupant mandchou du trône du Cél'interprète de la légation, M. Thomas- leste-Empire. A-t-il craint de ne pas sin et sa femme, des prêtres, des sæurs réussir? A-t-il véritablement le respect de la charité, des négociants russes, de son faible souverain? A-t-il reculé étaient massacrés à Tien-Tsin par une pour mieux sauter? L'avenir seul nous foule surexcitée contre les étrangers par l'apprendra. de faux rapports. Tseng Kouo-fan était alors vice-roi du Tche-li: soit qu'il eût Depuis cette époque l'influence de Li demandé son changement, soit qu'il se Hong tchang a été grandissante. C'est fût montré hostile aux réclamations de lui qui, après l'attaque de l'expédition la France, on lui choisit un successeur du colonel anglais Horace Browne, qui qui ne fut pas suspect d'avoir été mêlé se rendait de Birmanie au Yunnan, et aux massacres. Li avait été envoyé au l'assassinat à Manwyne de l'interprète printemps combattre les rebelles dans Augustus R. Margary, conduisit avec le Chen-si; on le rappela pour lui confier Mr. (maintenant Sir) Thomas Wade, le poste occupé par son ancien patron. ministre d'Angleterre à Pékin, les négoChose curieuse, lorsque le successeur de ciations terminées par une convention Li, Ma, eut été assassiné à Nankin, en signée à Tchefou, le 13 septembre 1876. Par cette convention, une indemnité de vraies places dans des postes comme 200,000 taëls était accordée aux victi- ceux de gouverneurs des dix-huit promes du Yun-nan, de nouveaux ports, vinces ou de ministres du Tsong-li Itchang, Wou-hou, Wen-tcheou et Pe-hai Yamen? Dans mon humble opinion, ces (Pak-hoi) étaient ouverts au commerce jeunes gens qui étudient en ce moment étranger, et des questions importantes en Amérique, auront, lorsqu'ils seront laissées depuis longtemps en suspens devenus hommes, une influence semétaient réglées.

blable à celle que possède aujourd'hui C'est également Li Hongtchang qui Votre Excellence, et ils iront loin. a signé, comme plénipotentiaire pour «LI.— Je suis tout à fait de votre avis. la Chine, les traités de Tientsin du 13 C'est moi qui ai fait partir ces jeunes septembre 1871, avec le Japan et du gens pour l'Europe, et je place en eux 26 juin 1874 avec le Pérou.

de grandes espérances pour l'avenir».

Mais si le ministre chinois connaît Li est trop intelligent et trop bien les avantages qu'il peut tirer de l'Europe, renseigné pour ne pas apprécier la su- il n'en désire que ce qui pourra, à son périorité de l'Europe sur la Chine et, point de vue, relever la Chine. Il n'a à ce sujet, je traduis d'un magazine donc cure ni de la littérature ni des anglais, aujourd'hui défunt, The Far arts de l'Occident; il n'en souhaite que East (1876, page 74), qui l'a pris lui- la force militaire et ce qui peut l'augmême à un journal japonais, ce frag- | menter: télégraphes et chemins de fer, ment d'une conversation entre le puis- qu'il ne fera construire toutefois que sant vice-roi du Tche-li et M. Mori, le lentement, car il ne veut pas être à la ministre du Japon à Peking:

merci de l'étranger, et il attend, pour « Li. Dans votre opinion, quelle donner à ses plans un plus grand décomparaison peut-on établir entre la veloppement, qu'il ait un personnel chicivilisation de l'Europe et celle de l'Asie». nois suffisant. Il nous donne bien la

« MORI. - J'essaierai de vous dire mon mesure de l'amitié qu'il nous porte lorshumble opinion sur ce sujet. Tous les qu'il écrit, dans un document secret, écrivains honnêtes reconnaissent que l'A- au premier ministre du roi de Corée: sie a fait de grands progrès dans la «On combat les poisons par les poisons, civilisation. Supposons, toutefois, que la et les étrangers par les étrangers». position que l'Asie occupe soit le troi- Il lui a été impossible jusqu'à présième rang, - prenant le dixième comme sent de résister ouvertement à l'invale plus haut – celle de l'Europe ne peut sion étrangère; il a été obligé de céder être plus basse que le septième rang. devant les Japonais à Formose, devant

C'est une comparaison très les Anglais en acceptant la convention juste. Veuillez, je vous prie, me faire de Tchefou, devant les Russes en sigpart de vos idées, quant au meilleur nant le traité de Kouldja; mais, lorsmoyen de faire progresser mon pays. que l'occasion lui a semblé favorable,

« MORI. Votre question est sérieuse il a engagé la lutte pacifiquement. C'est et je n'oserais me risquer à donner une ainsi qu'il a mis le négociant Tong réponse. Je viens d'arriver dans cet im- King-Sing à la tête de la compagnie mense pays et je n'en connais pas en- de navigation à vapeur dite la Chinese core l'état intérieur. Toutefois, pour aug. merchants steam navigation Company, menter sa prospérité, la première chose subventionnée par lui pour transporter à faire est de choisir les personnes dont le riz et faire la concurrence aux entreles capacités les rendent plus propres prises anglaises et américaines sur la que d'autres à s'occuper d’un semblable côte et sur le Yang-Tseu-Kiang. Mais, sujet. Ceci vous semblera clair. Cepen- comme l'a dit M. Mori, il faudrait trente dant, à moins qu'il n'y ait trente Li Li Hong-tchang pour régénérer cet eniHong-tchang de plus en Chine, la be- pire de 400 millions d'habitants qui, sogne ne peut être exécutée.

semblable à un vase trop plein, déborde «LI (souriant). – Pourquoi dites- sur les pays voisins. vous cela? Il y a cent Li Hong-tchang La Chine aura-t-elle le temps d'aten Chine.

tendre la grande révolution sans laquelle « MORI. Cela peut être; mais à elle perdra son unité. Elle est poussée quoi servent-ils, s'ils n'occupent pas leurs de toutes parts: une nation plus jeune,

« Li.

plus active, plus entreprenante, surveille, grand de six pieds et mince; il a les ses moindres fautes pour en profiter: traits fins, l'æil vif, et beaucoup de bonle Japon est prêt à recueillir les épaves homie pleine d'une aimable brusquerie, échappées au Céleste Empire, et dési- se traduisant d'une manière toute mérireux de s'emparer de la suprématie dionale par des gestes, dont les Chinois dans l'Extrême-Orient. Li Hong-tchang sont généralement très sobres. Dans ses seul sera impuissant à conjurer la tem- familiarités, s'il tient sa longue pipe à pête; s'il eût été capable de le faire, bouquin de jade et à fourneau de cuivre, il y a sept ans déjà qu'il eût pu mon- il vous en frappe fréquemment le bras trer qu'il en avait le désir.

lorsqu'il veut attirer particulièrement

l'attention sur un point de la converEnfin, pour terminer un portrait phy- sation. D'autres fois, surtout lorsqu'il sique de l'homme d'Etat chinois, que discute la solution d'une affaire, sa main, nous devons à un ami, très au courant comme le couteau d'exécuteur, s'abat des choses de l'Extrême-Orient, et qui de haut en bas; ce geste, qui lui est se cache sous le pseudonyme de T. très familier, signifie que les têtes sont Choutze:

tombées: ce qui n'a jamais l'air de lui «Li Hong-tchang a beaucoup de dis- causer autre chose que de la bonne tinction dans toute sa personne. Il est l humeur ».

KAO.

CONGRÈS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES.

ONZIÈME SESSION.

PARIS, 5—–12 Septembre 1897.

Monsieur,

Veuillez agréer, Monsieur, les expresLes Orientalistes réunis à Genève, au sions de ma considération la plus dismois de septembre 1894, ont décidé, à tinguée. l'unanimité, que le prochain Congrès se

Le Président, tiendrait à Paris dans le courant de

CHARLES SCHEFER. l'année 1897.

Paris, Mai 1896. Les Orientalistes français se sont con

Un avis publié ultérieurement fera certés afin de fixer la date, de consti- connaître les facilités qui seront accortuer les différentes sections et de tracer dées aux Orientalistes par les Adminisprovisoirement le tableau des travaux trations des chemins de fer et l'emploi auxquels ils se proposent de se livrer des journées pendant leur séjour à Paris. avec le concours de leurs Collègues des M. ERNEST LEROUX a été désigné pour différents pays de l'Europe, de l'Amé- | être le trésorier et l'éditeur du Congrès. rique et de l'Orient, afin de soutenir Il a été décidé que la cotisation serait l'essor pris depuis plus de vingt ans fixée à Vingt francs. par l'étude des Langues, de l'Histoire et de l'Archéologie orientales. Nos Collègues ont été d'avis de fixer

Protecteur du congrès: M. LE PRÉla durée du Congrès du 5 au 12 sep

SIDENT DE LA RÉPUBLIQUE. tembre 1897, et vous trouverez, Mon

Commission permanente. sieur, dans le tableau ci-joint, la liste des sections dans lesquelles ils verront Président: M. CHARLES SCHEFER, s'inscrire avec le plus vif plaisir tous Membre de l'Institut, Administrateur de les savants qui voudront bien se rendre l'Ecole des Langues Orientales vivantes, à l'appel qui leur sera adressé.

rue de Lille, 2.

Vice-Président: M. BARBIER DE MEY- Deuxième Section, Langues et ArchéoNARD, Membre de l'Institut, Président de logie de l'Extrême-Orient: a) Chine et la Société Asiatique, Professeur au Col- Japon: MM. CORDIER, DEVERIA, GUIMET, lège de France, boulevard de Magenta,18. De Rosny, Ed. SPECHT. Secrétaire: M.

Secrétaires: MM. MASPERO, Membre Ed. CHAVANNES. b) Indo-Chine, Malaisie de l'Institut, Professeur au Collège de et Polynésie: MM. ATMONIER, BONET, France, avenue de l'Observatoire, 24. CORDIER, MARRE. Secrétaire: M. P. HENRI CORDIER, Vice-Président de la LEFÈVRE-Pontalis. Commission Centrale de la Société de Troisième Section, Langues et ArchéoGéographie, Professeur à l'Ecole des logie Musulmanes: MM. BARBIER DE Langues Orientales vivantes, place Vin- MEYNARD, DERENBOURG, HOUDAS, SCHEtimille, 3.

FER. Secrétaire: M. CASANOVA. Membres: MM. E. AYMONIER, Direc- Quatrième Section, Langues et Archéoteur de l'École Coloniale, rue du Général logie Sémitiques: a) Araméen, Hébreu, Foy, 46. Em. GUIMET, Directeur du Mu- Phénicien, Ethiopien: MM. Ph. BERGER, sée Guimet, place d'Iéna. JULES OPPERT, RUBENS Duval, Marquis de Vogüé. de l'Institut, Professeur au Collège de Secrétaire: M. L'Abbé CALABOT. b) AssyFrance, rue de Sfax, 2. G SCHLUMBERGER, rie: MM. Heuzey, J. OPPEKT, L'Abbé de l'Institut, avenue d'Antin, 27. Ex. QUENTIN, THUREAU-Dangin. Secrétaire: SENART, de l'Institut, rue François 1er, R. P. Schell. 18. Marquis De Vogüé, de l'Institut, Cinquième Section, Egypte et Langues rue Fabert, 2.

Africaines: MM. GUIESSE, Le Général Trésorier et Éditeur du Congrès: HANOTEAU, LEFEBURE, Maspero, PIERM. ERNEST LEROUX, rue Bonaparte, 28. RET. Secrétaires: MM. RENÉ BASSET et

MORET. Commission générale d'organisation.

Sixième Section, Orient, Grèce.

Relations de l'Hellénisme avec l'Orient. Première Section, Langues et Archéo- – Byzance:MM. D. BIKÉLAS, E. LEGRAND, logie des Pays Aryens: a) Langues et G.SCHLUMBERGER. Secrétaires: MM. JEAN Archéologie de l'Inde: MM. BARTI, Psicuari et Théodore Reinach. BRÉAL, SENART, Vinson. Secrétaire: M. Septième Section, Ethnographie, FolkSylvain Lévi. b) Iran: MM. CARRIÈRE, lore de l'Orient: MM. Le Prince Roland DIEULAFOY, Drouin, Blochet. Secrétaire: BONAPARTE, Le Docteur E.-T. Hamy, M. MEILLET. c) Linguistique: MM. BRÉAL, Girard De Rialie. Secrétaire: M. F. V. HENRY, PAUL BOYER, Ed. SPECHT. GRENARD. Secrétaire: M. Louis DUVAU.

CHRONIQUE.

ALLEMAGNE ET AUTRICHE.

M. le Dr. J. KOGANEI a publié, sous le titre de « Kurze Mittheilungen über Untersuchungen an lebenden Aïnos », une excellente monographie sur les affinités, l'origine et l'histoire préhistorique etc., des Aïno.

Le Livre de M. le Dr. Al. SWANOWSKY: «Zur Anthropologie der Mongolen contient une excellente revue critique de la littérature sur l'anthropologie des Mongols.

Sous le titre « Alliances et Mésalliances » M. Christian Wappäus nous communique dans le Berliner Tageblatt du 11 Mai dernier, la nouvelle que la veuve de M. HAENEL-Clauss, l'épouse divorcée de l'orientaliste feu GEORG VON DER GABELENTZ, ALEXANDRA, baronne de ROTHKIRCH-Trach, vient d'épouser en 3es noces le Major hors service Victor von STOLTZENBERG à Hanovre.

La Société de Géographie à Munich (Bavière) vient de nommer notre collaborateur, le Docteur FRIEDRICH HIRTH, comme membre honoraire.

BELGIQUE.

Un comité composé de Mgr. Abbeloos, Recteur Magnifique de l'Université, MM. Ph. Colinet, A. Hebbelynck, Ch. Lecoutere, W. Bang, Professeurs à l'Université, le R. P. J. Van den Gheyn, Bollandiste, Bruxelles, s'est constitué à Louvain, pour publier un volume de « Mélanges de philologie orientale, hommage offert à Monseigneur de HARLEZ par ses collaborateurs et ses amis » à l'occasion du jubilé de son professorat.

CHINE.

« Le Temps » du 29 Mars jette le cri d’alarme sur l'ouverture du Si-kiang au commerce européen en ces termes :

Le ministre du commerce d'Angleterre vient d'annoncer que la Chine, défé

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