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CHRONIQUE.

ALLEMAGNE ET AUTRICHE.

Notre collaborateur M. le docteur 0. FRANKFURTER, de Bangkok, a publié dans la Festschrift pour le professeur A. Bastian à Berlin un mémoire sur l'émancipation des esclaves au Siam.

ASIE CENTRALE,

Le capitaine anglais Densy, qui avait quitté le Cachemire au mois d'avril dernier pour explorer les sources du Mékong et de l'Iraouaddy, est revenu à Leh, par suite du manque de porteurs.

On annonce l'arrivée à Lang-Tchéou de deux autres capitaines anglais partis à la même époque.

Le service régulier de steamers sur l'Amou Daria entre Charjui et PattaKissar a été inauguré le 28 septembre en présence du gouverneur général du Turkestan, des autorités bokhariennes et de M. Gluchowski, chef de l'expédition d'exploration russe de l'Amou Daria.

GRANDE BRETAGNE ET IRLANDE.

Un petit incident a eu lieu à Londres en Octobre dernier. Un médecin chinois de Canton, Sun Yet-sen, compromis dans une conspiration contre la dynastie Mandchoue en Novembre 1895, qui s'était réfugié à Londres, avait été emprisonné par la légation de Chine en cette ville et enfermé dans l'hôtel de la légation. Lord Salisbury, ayant fait parvenir à la légation une note très sévère à ce sujet, fit envoyer un agent de police à la légation qui ramena avec lui le docteur emprisonné.

Mr. W. GoWLAND, late of the Imperial Japanese mint, has published in the «Journal of the Society of Chemical Industry» for June 30th, 1896, a very interesting, illustrated paper on Japanese Metallurgy (Pt. I. – Gold and Silver and their alloys).

CHINE.

Le gouvernement chinois a fait bonne justice des assassins de M. Dutreuil de Rhins, explorateur français, qui, comme on sait, fut victime, au Tibet, d'une sauvage agression. Le principal coupable, qui avait ligoté M. Dutreuil de Rhins et l'avait jeté dans le fleuve, a été décapité. Celui qui, le premier, avait blessé l'explorateur, a été frappé de déportation. Les autres complices ont reçu la bastonnade.

Sur le désir du ministre de France, la sentence a été publiée dans la Gazette Impériale de Pekin.

On mande de Pékin, 21 octobre, à l'agence Havas:

La Gazette officielle publie un édit impérial nommant le tao-taï Tcheng directeur du chemin de fer de Han-Kéou à Péking. Un syndicat américain fait une avance de 30 millions de taëls pour la construction de la ligne qui sera longue de 700 milles et qui nécessitera la construction de ponts sur vingt-sept cours d'eau. Le tao-taï Tcheng a transmis les ateliers des usines métallurgiques et des chemins de fer au syndicat, qui construira probablement lui-même la ligne.

Les actions resteront ostensiblement chinoises.

On mande de Péking, 11 novembre:

Un édit vient d'être rendu, qui nomme le taotaï Tcheng, directeur général des chemins de fer et qui autorise la construction des lignes de Han-Kéou, Canton et Fou-Tchéou. Les travaux coûteront 200 millions de francs, nécessitant ainsi un emprunt immédiat de 100 millions; le Tsong-li Yamen fournira 10 millions sur le montant du dernier emprunt, et 10 autres millions seront apportés par les provinces du Nord et du Sud.

On emploiera autant que possible sur la ligne de Han-Kéou des matériaux indigènes, mais on pourra engager des mécaniciens étrangers.

On dit que des difficultés ont surgi avec un syndicat américain, qui avait soumissionné pour les travaux.

Le ministre de France en Chine vient d'obtenir, après de longues et laborieuses négociations, réparation de toutes les violences dont les missionnaires du Kouei-Tchéou et leurs établissements avaient été victimes depuis dix ans. Les chrétiens injustement détenus depuis 1886 ont été libérés, nos religieux réintégrés dans les villes de Tsouen-Gi, Mey-Tan et autres, d'où ils étaient exilés depuis la même époque. La mission reçoit, de plus, une indemnité, et ses persécuteurs seront poursuivis conformément à la loi.

Le supérieur de la mission, M. Guichard, a remercié M. Gérard, dans les termes les plus chaleureux, de l'énergie avec laquelle il a su amener une soJution si favorable à nos intérêts.

On mande de Péking au Times :

C'est à minuit, le 19 octobre, qu'expirait l'ultimatum japonais exigeant la conclusion du traité de commerce prévu par le traité de paix de Simonoseki. Le Tsong-li Yamen fut alors en proie à de vives appréhensions. Le ministre Tchang se rendit immédiatement au palais et obtint de l'empereur qu'il consentit à accorder les demandes des Japonais.

Le représentant du mikado à Péking est parti mardi. Le gouvernement chinois lui a conféré, ainsi qu'à plusieurs membres de sa légation, des décorations.

De Singapour, on câble au même journal que le gouvernement chinois a signé à Péking des contrats pour la construction de deux croiseurs Armstrong et de quatre torpilleurs allemands.

Le correspondant du Manchester Guardian à Londres a été informé à la légation de Chine en cette ville que l'on n'y avait point reçu la nouvelle de la nomination de Li Houng-tchang comme ministre des affaires étrangères; on dément également qu'il ait été privé d'une année de salaire, pour la raison fort simple qu'il ne touche présentement aucun salaire; enfin, on affirme que Li Houng-tchang désire vivement reprendre son poste de vice-roi du Petehili, afin de n'être pas obligé de résider à Péking.

Nous avons fait connaître qu'en même temps qu'il était invité à assumer la direction du ministère des affaires étrangères, Li Houng-tchang se voyait condamné à recevoir un chätiment pour avoir pénétré dans l'enceinte des ruines du palais d'Eté, près de Péking, au cours d'une visite à l'Impératrice douairière et ex-régente.

Les journaux anglais prétendent que les mandarins de la cour avaient demandé à l'empereur de priver Li Houng-tchang de toutes ses charges. Mais le Fils du Ciel s'est montré clément: il se bornera, dit-on, à retenir une année de salaires à son nouveau ministre des affaires étrangères.

Londres, 26 octobre. Le nomination de Li-Hung-Tchang comme ministre des affaires étrangères à Péking est une désagréable surprise pour le Foreign-Office, car elle signifie que l'influence de la Russie en Chine est prépondérante. Quand le gouvernement chinois résolut d'envoyer un ambassadeur aux fêtes du couronnement à Moscou, un certain mandarin fut nommé. Sur les conseils du comte Cassini, ministre à Péking, cette nomination fut annulée et le comte Li nommé ambassadeur spécial. La rentrée en faveur du comte Li est la preuve évidente que la Russie est très puissante à Péking et que l'influence anglaise est fortement diminuée. Tel est le résultat de la politique anglaise qui, après la guerre sinojaponaise, se tourna du côté du manche en refusant de se joindre à la France t à la Russie.

Des nouvelles de Shanghaï (source anglaise) annoncent que le Tibet serait tout entier soulevé contre la Chine. Nous les résumons ici, à titre de document et sous toutes réserves :

Partout les llamas ont pris la campagne sous les ordres du dalaï-llama. Le ministre de Chine s'est enfui dit-on, de L hassa, avant que son successeur, qui est en route, ait eu le temps d'arriver.

Les Chinois qui habitent le Tibet se sont refugiés à Kachgar et au Sze-Tchouen. Trois mille hommes de troupes chinoises ont été envoyés avec deux canons pour renforcer les garnisons chinoises sur la frontière tibétaine, et sont arrivés à Ladak, mais ils ne pourront résister à la tenacité des tribus qui sont bien armées et possèdent des fusils de modèles récents.

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La mission russe qui explore le nord du Tibet, escortée par un détachement de deux cents Cosaques, observe les événements le long de la frontière nord.

Les autorités anglaises à Simla ne se dissimulent pas la gravité de la situation.

Le Northern Daily Telegraph, de Blackburn, parlant de la mission que la chambre de commerce de cette importante ville industrielle a envoyée en Chine, fait à ce sujet les remarques suivantes :

La première depêche de la mission commerciale en Chine a été reçue hier par le secrétaire de la chambre, M. Joseph Watson. Elle contient un rapport des experts, MM. Heville et Bell, et un autre, de M. Bourne, chef de la mission. La chambre s'est décidée à ne pas publier les rapports in extenso, considérant qu'il n'est pas prudent de livrer tous les détails à la publicité. Nous sommes néanmoins informés que les dépêches qui sont datées de Shanghaï sont très satisfaisantes. Une circonstance importante, qui aura vraisemblablement un résultat favorable sur l'objectif de la mission, est celle-ci. Li Houng-tchang se trouvait précisément sur le même paquebot que les membres de la mission, et M. Bourne, qui parle couramment le Chinois, s'est entretenu journellement avec Son Excellence.

Les journaux anglais croient savoir que le prince Tching, un des présidents du Tsong-li Yamen, aurait donné sa démission pour protester contre l'élévation de Li Houng-tchang à la direction de ce département, avec titre de ministre des affaires étrangères.

Ils signalent le rappel de M. Detring, le directeur allemand des douanes chinoises, qui était parti pour son pays en congé de deux ans, et que l'on vient de mander en toute hâte à Péking.

Au moment où s'accentuent les bons rapports de la France avec la Chine, il est bon de noter que dans les biographies anglaises de Li Houng-tchang, par le professeur R. Douglas, et de Gordon, par M. Demetrius Boulger, il n'est

fait aucune mention de la part prise par des officiers français à la répression de la révolte des Taïpings.

On ne saurait oublier que, pour seconder ce mouvement, l'amiral Protêt se mit à la tête d'un corps franco-chinois, dont le regretté Prosper Giquel prit le commandement après la perte du brave amiral, tué par une balle ennemie.

Giquel fut aussi blessé grièvement, et ses deux auxillaires, le capitaine d'artillerie Tardif de Moidrey, et le lieutenant de vaisseau Lebrethon de Caligny furent tués.

La campagne terminée glorieusement, Giquel reçut les plus grands honneurs et fut autorisé à porter la tunique jaune, couleur impériale. Investi de la confiance du gouvernement chinois, il fut chargé d'organiser l'arsenal de Fou-Tchéou.

A la suite des entretiens qui ont eu lieu entre S. Exc. Li Houng-tchang et M. Hanotaux, la Chine s'est udressée à la France pour la construction de son grand arsenal maritime et militaire de Fou-Tchéou.

Le contrat, qui a été signé dimanche à Péking, comprend des engagements pour un nombre important d'ingénieurs et de fonctionnaires. La mission est placée sous les ordres d'un ingénieur en chef, emprunté aux cadres de la marine, qui a, sous sa direction, deux autres ingénieurs, un dessinateur, un secrétaire, cinq contremaîtres, etc.

Tout le haut personnel devra être rendu à Fou-Tchéou dès le mois de février prochain et procédera immédiatement aus plans et devis qui donneront lieu aux commandes ultérieures.

Nous pouvons ajouter qu'au point de vue civil un ingénieur français vient d'être adjoint à la Banque russo-chinoise à l'effet d'étudier les travaux qui vont se poursuivre dans l'empire chinois.

Selon un télégramme de Peking du 26 Octobre, Li Houng-tchang vient d'être nommé Ministre des affaires étrangères.

Selon le correspondant du Morning Post à Peking, Li Houng-tchang aurait déclaré que l'armée chinoise serait organisée par des officiers allemands et la marine chinoise par des officiers anglais. Voilà, ajoute le journal, à peu près les seuls résultats du voyage de Li en Europe.

Comme on le sait, le Colonel allemand Liebert est parti avec plusieurs officiers pour la Chine pour organiser l'armée chinoise.

Le télégramme envoyé par Li Houng-tchang de Greenwich à Shanghai y est arrivé en 12'/minutes, et la réponse du Taotaï Cheng et du directeur de la «China merchant's Co», comprenant 94 mots, est arrivée à Greenwich en 7 minutes à la stupéfaction de Li Houng-tchang. La 1re dépêche passa par Londres, Marseilles, Malte, Alexandrie, Suez, Aden, Bombay, Madras, Penang, Singapore et Hongkong à Shanghai.

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