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Paris (1), et Glassberger rapporte, d'après une chronique de la Saxe, que le pape sacra aussi Bonaventure à Lyon en 1273 (2). Quétif-Echard supposèrent même, que S. Bonaventure devait sa préséance sur Pierre à la priorité de son sacre (3). Mais on a vu ailleurs (4) que cette question n'a pas de connexion avec celle qui nous occupe ici. Il est plus intéressant de se rappeler que Pierre, l'ancien archevêque-élu, n'était pas encore sacré évêque, pas plus que S. Bonaventure. Et cependant, ce dernier était auprès du pape depuis la mijuillet (5).

Bien qu'on ne possède pas de document sur la date du sacre des deux cardinaux amis, on peut cependant la fixer par voie indirecte. Tout d'abord on peut affirmer avec certitude que Grégoire X n'avait pu consacrer les cardinaux avant son arrivée à Lyon. Or, on sait que le 3 novembre il est encore à Chambéry, mais quinze jours plus tard, c'est

(1) P. Mothon, Vie du bienheureux Innocent V, Rome 1896, 80. Pierre eut beau refuser l'honneur de l'épiscopat. Grégoire X le voulait comme çollaborateur; il suffit de lire la bulle qu'il envoyait après l'avoir promu lui-même au siège primatial des Gaules par ses premières bulles du 6 juin : « Conceptum in nobis ab olim de te, fili, signa evidentia formarunt, quod vir virtutis existas, et in persona tua Ille, a quo cuncta data sunt optima, multa dona congesserit, per quae in conspectu eius acceptus redderis, et in oculis hominum gratiosus haberis. Ideoque opportunitate concessa, conceptum huiusmodi producere intendentes in partum, ne talenta tibi credita per humilitatem status, quasi suffossa remaneant, sed ea tanquam fidelis servus et prudens, multiplicata credenti fenore duplicato praesentes, te in eminentioris gradus loco putavimus collocandum, ut velut accensa lucerna supra candelabrum posita, per virtuosorum exempla operum, et laudabilis doctrine ministerium ingredientibus in domum domini praebeas lumen vitae... ». Puis le pape promet à Pierre l'aide spécial dans sa charge; 1. c. 71. Il était donc inutile d'espérer que la résignation de Tarentaise ou les intrigues pussent influencer la volonté de Grégoire. Le P. Mothon date cette bulle d'avril 1272! Mais, elle présuppose Licet ad curam, du 6 juin; aussi J.-B. Martin, place-t-il la bulle Conceptum entre juin-décembre dans Conciles et bullaire du diocèse de Lyon, Lyon 1903, p. 382, n. 1559 de même que Ripoll, Bullarium, Ord. Praed., I, 510, n. 9; Potthast (20656) la met à la fin de 1272, comme Rinaldi (1272, n. 67), parcequ'ils ne peuvent en fixer la date. Le 2 déc. 1272, Pierre était déjà à Lyon (Ripoll, 1. c.). (2) AF II, 85. (3) Scriptores Ord. Praed. I, 350. (5) Voir p. 171.

(1) AFH XIV, 411.

à-dire le 18 novembre, la curie est déjà installée à Lyon, comme le prouve la fameuse bulle: « Solet annuere »(1) et d'autres sur les questions les plus graves (2). Mais on possède mieux que les deux termes extrêmes du 3 et 18 novembre: Campi a vu, à la bibliothèque du card. Barberini, un précieux document du 15 novembre, où le cardinal Pierre n'est plus appelé évêque-élu d'Ostie, mais où lui-même se dit: • Petrus Ostiensis Episcopus, administrator archiepiscopatus Lugdunensis ... (3). Le sacre de Pierre et de son collègue Bonaventure devra donc se placer avant le 15; sans quoi Pierre se serait encore dit: episcopus electus. Ce précieux document permet de préciser davantage la date du sacre.

La bulle, donnée le 3 novembre à Chambéry, permet de conclure que Grégoire X ne put pas arriver à Lyon avant le dimanche, 5 novembre. Encore pour pouvoir admettre qu'il vint à Lyon le 5, il faudrait d'abord supposer qu'il se mit en voyage le jour même que sa chancellerie publia la bulle, et ensuite que la curie aurait voyagé le dimanche 5 novembre. Ce n'est qu'à ces conditions qu'il eût pu franchir, en trois fortes étapes de 30 à 40 kil. les 108 qui séparent Chambéry de Lyon. Mais qui oserait prétendre, sans preuves, qu'en hiver, le vieux Pontife se serait exposé, lui et sa curie à ces rudes corvées. En 1244, Innocent IV se rendant également de Chambéry à Lyon, se trouvait le 24 novembre à Chambéry et entra à Lyon, le 29 (4). Cinq jours suffisent donc et laissent même un jour de repos; pour gagner à petites étapes le but du voyage. On peut donc admettre, sans aucune difficulté, que Grégoire X, qui avait d'ailleurs hâte d'arriver, entra à Lyon vers le 9 novembre, et, dire que l'entrée est à placer entre le 5 et le 9 novembre.

Sans vouloir insister sur la date précise de l'entrée du pape à Lyon, on peut dire avec certitude que le Souverain Pontife fit, à Lyon, le sacre de Pierre et de Bonaventure entre les 5/9 et le 15 novembre. Mais grâce à une prescription du droit canon, on peut fixer exactement le jour.

(1) Registres, p. 125, n. 321. (3) Campi, 1. c. 263.

(2) L. c., p. 123-125. (4) Voir p. 176.

Le Pontificale Romanum, en effet, nous offre un précieux argument au chapitre: De Consecratione electi in episcopum, voici le § qui intéresse notre question: « Statuta die Consecrationis, quae debet esse Dominica, vel natalitium Apostolorum, vel etiam festiva, si summus Pontifex hoc specialiter indulserit, et tam Consecrator quam Electus conveniens, ut praecedenti die ieiunent ». — Entre les 5-9 et le 15 novembre, l'Eglise ne célèbre aucune fête d'Apôtre; mais il y avait la fête de S. Martin de Tours, le 11 novembre, et le dimanche le 12. C'est donc ou le dimanche, 12 novembre, ou à la S. Martin, le 11, que Grégoire X aura sacré Pierre de Tarentaise et S. Bonaventure.

Si le Bx. Grégoire X donna à Bonaventure et à Tarentaise une manifestation publique de sa confiance, en les élevant à la pourpre cardinalice, il leur donna aussi la preuve de son affection intime, en se réservant personnellement de les sacrer tous deux ensemble. Afin de pouvoir témoigner cette marque d'amitié, il remit le sacre des deux cardinaux jusqu'à son arrivée à Lyon.

Après que ce Pape eut ainsi manifesté jusqu'à quel point il vivait en communauté de sentiments avec ses anciens amis et maîtres, il n'est pas étonnant, que ses deux collaborateurs de choix jouèrent durant le Concile général un rôle si éminent. L'ordonnance que Grégoire X donna à toute l'Eglise (1) en faveur du cardinal défunt, S. Bonaventure, et, l'émouvante oraison funèbre que le Bx. Pierre fit de Bonaventure, en paraphrasant le texte Doleo super te, mi frater Ionatha, (II Reg. II, 26) prouvent encore davantage l'intimité des trois saints. Et toutes ces manifestations confirment et augmentent la signification particulière de l'acte du Bx. Grégoire se réservant de consacrer, lui-même à Lyon, ses deux amis le 12 (ou 11) novembre 1273.

P. ANDRÉ CALLEBAUT, O. F. M.

(1) Alors que Grégoire X n'imposait de célébrer qu'une messe, à tous les prêtres de l'Eglise, pour les pères décédés durant ce Concile et les antérieurs, il ordonne d'en célébrer deux pour l'âme de son ami Bonaventure; Brevis nota Concilii Lugdunensis, dans Mansi, Collectio Conciliorum, XXIV, 67.

DOCUMENTA

DE VITA BEATI FRANCISCI

A WORCESTER TEXT OF II CELANO (a)

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Much attention has been directed recently to the Second Life of S. Francis written by Thomas of Celano by those who are concerned with the difficult problem of the inter-relation of the various primary documents, upon which our knowledge of S. Francis is based. In particular P. Ferdinand Delorme has in the pages of the AFH (1) by his examination of the Legenda Antiqua contained in MS. 1046 of the Communal Library of Perugia thrown fresh light upon the composition of II Celano and also of other sources. Unfortunately the critical material for the proper estimation of the position of II Celano has been and still is singularly deficient. We have not got for II Celano the comparative abundance of MSS. wich we have for I Celano, or of course for the Life by S. Bonaventura.

(a) SUMMARIUM. MS. F 75 bibliothecae cathedralis Wigorniensis extracta continet e 74 paragraphis Legendae II s. Francisci auctoris Fr. Thomae Celanensis. Haec infra eduntur, adiectis variantibus ex aliis MSS. quae II Cel. sive integram sive partim complectuntur. Relationes textus W cum dictis MSS. in introductione expanduntur, unde infertur M, L, Per. classem quamdam efformare, alteram vero classem codice A constitui. W partim ex A pendet, partim ex altera classe. Admittendum videtur archetypon quoddam a quo A, M, Per. atque L derivarunt; W inter illud prototypon et scriptum originale Fr. Thomae Celanensis sistendus esset. MS. W bibliothecae prioratus S. Mariae Wigorniae, O. S. B., (i. e. cathedralis ecclesiae) semper exstitit; praeter Extracta nostra, opera SS. Patrum continet. Ob ipsam graphiam saeculo XIV ineunti vel XIII exeunti attribuendum est. Non autem autographon compilatoris II Cel. extrahentis, et quidem perite et accurate est, sed apographon. Nota in ipso MS. testante, codex fuerat Fr. Iohannis de Glocestria, O. S. B., praefatae ecclesiae Wigorniensis, qui anno 1315 obiit. Liquet ergo hoc MS. reliquis codicibus II Cel. hucusque notis antiquitate praecellere. [NOTA DIRECTIONIS].

(1) XV, 23-70; 278-332.

Consequently the discovery of a new MS. of II Celano or of a part of it is a matter of no small importance. That discovery I was fortunate in making, through an examination of MS. F. 75 in the Library of Worcester Cathedral at Easter 1923. While I was spending Holy Week in the Benedictine Monastery at Pershore Abbey, the Prior, who had borrowed some MSS. from the Worcester Cathedral Library, called my attention to the printed catalogue of its MSS., as a result of which I decided to examine F. 75, which was shown by the catalogue to contain inter alia a Life of S. Francis. I fully expected to find that the Life was S. Bonaventura's Life, but I was pleasantly surprised to find that it was a hitherto unknown copy of a part of II Celano.

In order to make clear the position of the Worcester MS. and its relation to other MSS., it will be well to begin by summarising our existing materials, and in doing so to use the work of P. Edouard d'Alençon ('), supplemented by later research.

The MSS. to be taken into account are as follows:

1. ASSISI 686, a late XIV century MS., which d'Alençon used as the basis of his text, and to which he refers as A. (2).

2. MARSEILLES, otherwise the Boncompagni MS. 155, also XIV century, to which d'Alençon refers as M. (3). D'Alençon has used this text also. He is not very explicit in his introduction (*) as to how he has used it; but the method employed by him for II Celano, is of course to be considered in the light of the method he used for I Celano. He gives variants from the A Text in footnotes, and in these cases he implies that where he has departed from the A Text by supplying missing words or altering the A Text, where obviously necesssary, he has used the M Text for the purpose.

3. The POPPI Fragment, which is so small and so closely related to A, as to be of little additional value. D'Alençon refers to it as P. (5). 4. S. ISIDORE ROME. MS. 1/73, also XIV century, containing extracts from II Celano, discovered and published by Fr. Leonardus Lemmens in his series Documenta Antiqua Franciscana. D'Alençon refers to these extracts as L (").

5. The so-called RINALDI text, which is the MS. version copied by Fr. Ubaldo Tebaldi from the Assisi MS. and sent by him to the

(1) S. Francisci Assisiensis vita et miracula... auctore Fr. Thoma de Celano, (2) For description see ibid. p. LIX-LXI.

Romae 1906.

(3) For description see ibid. p. LXI-LXV.

(4) Ibid. LXXIX.

(5) For description see ibid. LXV, LXVI.

(6) Doc. antiqua Francisc., III, Quaracchi 1902, 25-49.

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