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Quarante-troisième inquisiteur général, D. François Antoine de Lorenzana , cardinal, archevêque de Tolède, nommé en 1994; renonça à sa place par ordre de Charles IV, en 1797. Pendant les trois années qu'il exerça ses fonctions, le Saint-Office condamna un très grand nombre de personnes à des pénitences secrettes , et quatorze seulement à des pénitences publiques. Aucune ne subit la peine du feu. Il n'y eut qu'une esligie brûlée à Cuenca,

Quarante-quatrième inquisiteur général, D. Ramon Joseph de Arce, d'abord archevêque de Burgos, et ensuite de Saragosse, patriarche des Indes, conseiller d'état, directeur général des études royales de Madrid, chevalier grand'croix de l'ordre royal de Charles III; il a été à la tête de l'Inquisition depuis 1798 jusqu'à 1808 : sous son ministère, vingt individus ont été pénitenciés en public, et un nombre très-considérable dans les salles des tribunaux, secrettement et sans être déclarés infâmes ni dépouillés de leurs biens; mais aucun d'a été livré aux flammes, car, quoique cette dernière peine eût été prononcée à Saragosse contre le curé d'Esco, son exécution n'eut point lieu, parce qu'elle ne fut pas approuvée ni par le grand inquisiteur , ni par les conseillers de la Suprême ; ce qui leur fait beaucoup d'honneur.

Récapitulation.

Condamnés brûlés en personne.

051,912 Idem, en effigie.

017,659 Pénitenciés avec des peines rigoureuses. 291,450

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Si l'on compare ce résullat avec celui de trois cent quarante-trois mille ciug cent vingt-deux victimes, que j'ai inséré dans ma lettre du' 31 mars 1817, à M. Clausel de Coussergues, député du département de l'Aveyron, à la chambre des représentans de la nation française, on pourra observer que je réduis ici ce nombre de deux mille cinq cent un condamnés, dont deux mille quatre cent soixaptedix appartiennent à la pemière classe, et trente-un à la seconde.

Cette différence vient de ce que je me suis imposé la loi, en écrivant cette Histoire , de ramener mes calculs à l'expression la plus modérée, toutes les fois que les circonstances me l'ont permis ; car , je puis assurer qu'au lieu d'avoir découvert dans aucune pièce la preuve que mes calculs étaient exagérés, je suis au contraire convaincu que, depuis 1481, où les exécutions ont commencé, jusqu'à la fin du règne de Philippe II, le nombre des victimes a été bien plus considérable, d'après les notes que m'ont fournies les tribunaux de Tolède et de Saragosse, où le nombre des condamnés ne 's'élevait presque pas au-dessus de ceux des autres tribunaux.

Si j'avais ajouté au nombre, des victimes immolées par l'Inquisition de la Péninsule tous les malheureux qui ont été condamnés par les tribunaux de Mexico, Lima et Carthagène des Indes, de Sicile, Sardaigne, Oran , Malte et des galères de mer, le nombre en serait véritablement incalculable ; ce serait bien autre chose si nous comptions comme victimes du Saint-Office (ce que nous aurions le droit de faire toutes les ames qui furent précipitées dans

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l'infortune à la suite des tentatives violentes faites pour établir l'Inquisition à Naples, Milan, et en Flandres, puisque tous ces pays étaient soumis à la domination espagnole, et, par conséquent, à l'influence des auto-da-fé espagnols. Combien pourrait-on compter aussi de victimes qui succombèrent aux maladies qu'avait produites le malheur de partager la peine d'infamie dont leurs parens avaient été frappés? Il serait impossible de fixer la mesure de tant de misères et de calamités!

CHAPITRE XLVII.

Abrégé chronologique des faits les plus

remarquables qui ont été rapportés dans cette Histoire.

Le nombre presqu'infini de détails contenus dans cet ouvrage me fait craindre qu'il n'en résulte quelque confusion dans l'esprit de mes lecteurs. Je m'étais d'abord proposé de suivre l'ordre chronologique dans la disposition de ses matières, et j'ai été, en général, fidèle à ce premier plan. Cependant, pour rendre mon travail plus utile , il m'est arrivé plusieurs fois, en traitant l'histoire des premiers temps du Saint-Office, d'y faire entrer le récit de quelques procès qui appartiennent à des époques plus récentes, afin do mieux prouver la proposition ou l'objet que j'avais en vue; de même qu'en rapportant des procés de notre époque, j'en ai cité ou rappelé d'autres plus anciens. La même chose m'est arrivée dans l'usage que j'ai fait des bulles et des brefs de Rome, des lois du royaume, et des lettres - ordres des inquisiteurs généraux ou du conseil de la Supreme.

Les personnes qui ont l'habitude de former des collections nombreuses de papiers remplis de faits , et destinés à prendre une forme historique, ne seront pas surprises que la composition d'un ouvrage entièrement original, et dont les matériaux étaient dispersés dans un si grand nombre de différentes pièces inédites, ait mis quelquefois l'auteur dans le cas de s'écarter de son système. Il suffit de jeter un coupd'ail sur le catalogue des manuscrits dans lesquels j'ai puisé mes matériaux, pour se convaincre de ce que j'avance.

Mais sí le caractère propre de cette histoire, c'està-dire, le grand nombre de personnes, de procès, de villes, de tribunaux, et d'ordonnances dont il a fallu parler, m'a obligé de confondre quelques époques les unes avec les autres, le même motif m'a fait sentir la nécessité d'un abrégé chronologique, -fondé sur l'ordre successif des temps, et propre nonseulement à rappeler aux lecteurs les faits les plus essentiels contenus dans ces quatre volumes , mais encore à les présenter sous un jour telleinent favorable, qu'après en avoir terminé la lecture entière, chacun en conçoive parfaitement l'analyse complette.

Enfin, cet abrégé chronologique, accompagné d'une table générale des matières, des personnes et des villes, offrira à toutes les classes de mes locteurs le moyen facile et commode de trouver le trait particulier de cette histoire qui aura plus spécialement fixé l'attention ou excité la curiosité.

Ann. Pendant cette année et les deux suivantes, 31. Jésus-Christ manifeste par des paraboles, par

des actions et par la doctrine la plus clairement prononcée, que la punition du péché d'hérésie n'appartient pas aux hommes; qu'elle est réservée à Dieu pour le jour du jugement universel; et plus particulièrement, que la peina du feu est tout opposée à l'esprit de la religion chrétienne. Voy. le chap. 45, dans lequel on démontre cette vérité importante.

Les apôtres ayant demandé que les schisma,

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