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1826-1841, qui a été pour cette même ville égale à 802mm 9. On peut, à raison de la proximité des deux villes, supposer que la moyenne de ces trois années, à Chambéry, l'emporte aussi à peu près de 234 mill. sur la moyenne qui résulterait des 16 années d'observations; celle-ci serait donc pour Chambéry égale à peu près à 930 millim., ou 34 pouc. 4, 7 lign.

De plus, si l'on compare les quantités de pluie tombée à Genève pendant chacune des années 1839, 1840, 1841, avec les quantités de pluie tombée aussi à Genève pendant les 13 années précédentes, on observe que l'année 1839 figure parmi les années les plus pluvieuses de ces 13 années, et que, dans aucune de celles-ci, il n'a plu autant qu'en 1840 et en 1841; il en sera de même pour Chambéry. Ces deux années sont donc, sous ce rapport, des années exceptionnelles, et l'on est en droit d'admettre que la plus grande quantité de pluie qui puisse tomber à Chambéry dans une année, ne dépassera presque jamais 1300 à 1400 millimètres, ou environ 50 pouces.

L'année 1832 est pour Genève la moins pluvieuse des 16 années 1826-1841. Elle n'a donné que 525mm 4 de pluie : c'est 278 millimètres de moins que la moyenne. Si l'on retranche ce même nombre de 931 millimètres, moyenne des pluies annuelles de Chambéry, on en conclura que, dans cette ville, la

limite inférieure des pluies annuelles ne pourra guère s'abaisser au-dessous de 650 millimètres, ou environ 24 pouces.

Enfin, en examinant le tableau des quantités de pluie recueillie chaque jour à Chambéry depuis le commencement de 1839, il m'a été aisé de reconnaître que ce qu'on appelle ordinairement une pluie trèsabondante, n'est qu'une pluie de 20 à 30 millimètres, et que les pluies de 40 à 50 millimètres se rencontrent à peine une ou deux fois dans l'année.

LETTRE

DE

M. L'ABBÉ CONSTANCE GAZZERA

SECRÉTAIRE DE L'ACADÉMIE ROYALE DES SCIENCES DE TURIN
ET MEMBRE CORRESPONDANT DE LA SOCIÉTÉ

A M. N*** MEMBRE DE L'INSTITUT DE FRANCE

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Le souvenir de votre passage à Turin ne s'effacera pas plus de ma mémoire que les choses intéressantes qui ont fait le sujet de nos entretiens. Il me souvient, Monsieur, que, parmi les connaissances qui ont l'antiquité pour objet et qui vous sont si familières, vous placez au premier rang l'épigraphie, parce qu'elle

rend les plus grands services à l'archéologie, et qu'elle en est, pour ainsi dire, l'ame. Vos opinions, Monsieur, que je me trouve heureux de partager, me sont revenues dans l'esprit en lisant un article publié dans l'Echo du Monde savant (No 4978 du 7 et du 11 décembre 1839). Cet article avait pour titre : Antiquités découvertes en Valachie.

Est-il possible, disais-je en moi-même après l'avoir lu, que, dans une des villes les plus savantes, qui se vante d'être le centre du savoir européen, et qui renferme dans son sein MM. Letrone, Raoul-Rochette, Dureau de la Malle, Hase, Lebas, etc., et dans une feuille qui porte le titre fastueux d'Echo du Monde savant, on ait pu interpréter d'une manière si incorrecte et si défectueuse un des monuments les plus pré'cieux de l'antiquité, et en donner une traduction française si pitoyable, et, pardonnez-moi l'expression, si ridicule !

Venons au fait. Il s'agit, Monsieur, de ces tablettes d'airain sur lesquelles, comme vous le savez, on gravait au burin l'extrait des diplomes militaires par lesquels les Empereurs romains, dans des occasions données, accordaient aux individus qui avaient fait partie des corps, soit à pied, soit à cheval, et après un certain nombre d'années de service militaire, un honorable congé (honesta missio), accompagné de certains priviléges, qui y sont toujours énumérés. Le

congé dont il est parlé dans l'Echo du Monde savant, a été découvert en Valachie; il est de l'Empereur Adrien, de qui on en connaissait déjà cinq autres. Celui dont il s'agit a été délivré à un soldat de la cavalerie auxiliaire, appelée Vexillatio, parce qu'elle ne faisait point partie des légions.

Les formules propres à ce genre de monuments, d'après les ouvrages de Marini, Vernazza et Cardinali, sont si simples et tellement fixes et déterminées, qu'il n'est plus possible de se méprendre, pour peu qu'on soit versé dans l'étude de l'épigraphie ancienne. Comment donc excuser les fautes étranges qui se sont glissées dans la publication du texte du diplome que fait connaître l'Echo? On aimerait pouvoir les attribuer à l'impression, si elle n'avaient pas toutes passé dans la traduction française, sans qu'on se soit aperçu le moins du monde des incroyables bévues dont elle était parsemée. Il ne faut que jeter un coup d'œil sur l'une et sur l'autre pour reconnaître à l'instant l'inconcevable galimatias qui en est résulté.

D'abord la phrase equitibus et peditibus qui militaverunt in ala, etc., qui se trouve dans tous les monuments de cette espèce, et par laquelle sont indiqués les corps à pied ou à cheval sur qui s'étend la grâce impériale, cette phrase est changée par le non sens de equitis et peditis qui milita Verinalæ et vexillione; et ce qui n'aurait semblé qu'une simple faute d'écriture,

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