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Il s'agissait d'abord de m'assurer si le Cartulaire mentionné et mis partiellement à contribution par nos laborieux bénédiclins était bien le plus ancien et le seul qui existât. Mon invesligation ne m'a pas laissé de doutes sur le premier point.

Quant au second, j'ai retrouvé, il est vrai, trois autres recueils ou copies du premier Cartulaire, mais toutes postérieures en date.

C'est donc au plus ancien, à celui qu'ont cité dom Lobineau et dom Morice, que j'ai dû m'attacher; c'est celui-là dont j'entreprends la publication. Son importance lui donne droit à quelques lignes de description.

Je le crois, à l'inspection des formes graphiques et des accessoires, un manuscrit de la première moitié du xve siècle. Toutefois, il ne me parait pas impossible qu'il ait été transcrit vers la fin du xiv siècle (après 1380, par exemple). Les caraclères de ces deux époques ne présentent pas le plus souvent,

Bretagne surtout, des différences assez tranchées pour qu'on ne puisse hésiter à se prononcer catégoriquement. La copie en question est écrite sur beau parchemin, grand infolio

; elle contient seize feuillets ou folios numérotés seulement au recto, en chiffres romains, - non compris la couVerture, également en épaisses feuilles de parchemin d'une teinte plus foncée. L'écriture est gothique mixte; on en trouve de semblable aus deux dates sus-indiquées. Les titres et les grandes lettres sont coloriées en encre rouge; les pages sont encadrées de filets tracés aussi à l'encre rouge, et les lignes s'appuient sur des traits au crayon.

La dernière pièce transcrite par la main qui a copié tout le Cartulaire porte la date de 1312. Une main plus récente a inséré, à la suite, deux chartes du xn° siècle; l'écriture en est beaucoup plus moderne. Elles ont dû être ajoutées au Cartulaire dans le xvue siècle. Ce sont d'ailleurs des copies qui ne sont pas exemples de fautes.

Dans le Cartulaire de Saint-Georges, les pièces qui le composent, – sauf l'acte de fondation placé en tête, — ne sont point rangées dans l'ordre chronologique. Il en résulte d'abord un peu de confusion pour le lecteur. C'est, du resle, un défaut commun à la plupart des Cartulaires manuscrits. Le copiste ne se donnait pas la peine de ranger les actes qu'il transcrivait dans une série méthodique de dates; il les insérait l'un après l'autre, à mesure et en lel ordre qu'ils lui tombaient sous la main, en sorlant des layettes. Le Cartulaire de Redon, publié par M. A. de Courson, en 1863 (Collection des documents inédits sur l'histoire de France, 1 vol. in-4°), présente une irrégularité analogue.

J'ai cru devoir, en ce qui concerne le manuscrit du Cartulaire de Saint-Georges, conserver le pêle-mêle, la consusion de l'original, me conformant ainsi aux traditions de l'École des Chartes, qui sont celles des disciples de l'illustre M. Guérard. J'ai d'ailleurs indiqué, au moins approximativement, la date de chaque pièce, autant que le contexte, l'histoire contemporaine et les noms des témoins me le permettaient.

Quant à l'annexe ou Appendix, formé d'actes originaux ou de copies d'actes non compris dans le Cartulaire, je ne me suis pas astreint à la même règle; j'y ai rétabli l'ordre chronologique.

Le Cartulaire de Saint-Georges renferme dans son texte plusieurs fautes évidentes de transcription. Il y en a dont la correction est aisée; pour d'autres, - par exemple des passages altérés ou mal lus, je pouvais espérer rencontrer dans les autres copies du Cartulaire dont j'ai parlé ci-dessus, des variantes, y récolter quelques corrections partielles. J'ai été à peu près déçu : ce que j'y ai trouvé de secours s'est réduit à peu de chose. C'est tout simple; chacune de ces copies a été faite sur le manuscrit le plus ancien — celui de la fin du

XIVe siècle; il n'est pas étonnant qu'elle en reproduise les incorrections.

Pourtant je dois dire un mot de ces manuscrils, qui ne m'ont pas été tout à fait inutiles.

L’un est un cahier en papier dans le format de nos grands in-80s modernes. Il renferme quarante-et-un folios numérotés au reclo. L'écriture ofre un spécimen de la minuscule gothique de la fin du xv° siècle (1480 à 1500). La copie est conforme au grand Cartulaire in-folio; pourtant, j'y ai relevé quelques variantes de détails qui m'ont fourni le moyen de restituer le texte correct ou l'orthographe altérée dans certains passages. En marge ont été ajoutées, au xvie siècle et même au xvue, des noles en vedettes; il y en a de curieuses, comme renseignements ou explications se rapportant au texte des charles, et j'en ai tiré parti; d'autres sont erronées.

Le manuscrit se termine par les deux Bulles-Pancartes des papes Innocent III et Alexandre III. Les autres Bulles insérées au grand Cartulaire manquent. Mais le copiste a transcrit, en dernier lieu, la Bulle confirmative d'Eugène IV (1442), qui n'est pas dans le grand Carlulaire.

Le second manuscrit, reproduisant sur trente-quatre folios, en papier, la même série d'actes que celui dont je viens de parler, sauf quelques modifications dans l'ordre adopté et quel ques doubles emplois, présente une belle et élégante écriture du Xvio siècle (de 1500 à 1520). Le cahier, pelit in-4°, est recouvert d'une chemise de parchemin sur laquelle est relatée une fondation reçue par Mme Françoise d'Espinay, abbesse de Saint-Georges, et 'son chapitre. Au dos est écrit, en caractères du xvie siècle : « Copie de la fondation de l'abbaye de Saint-Georges de Rennes, ensemble des dons et priviléges

d’ycelle.

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Enfin, le troisième manuscrit est un registre petit in-folio, cartonné, et portant ce titre sur sa couverture en parchemin :

« COPPIE de la FONDATION, écriture du xvi° siècle. C'est la reproduction exacte, avec toutes les mêmes fautes de copie et d'orthographe, du grand manuscrit in-folio, qui reste la plus ancienne des diverses copies que j'ai confrontées et collationnées. Il renferme soixante-sept chartes des x1 et XI° siècles. Je l'ai complété par un appendice comprenant plusieurs actes des xn, x, xive et xve siècles.

On y puisera des renseignements très-intéressants sur les usages des fiefs, la forme des transactions et des procédures, l'état des personnes et des terres, les coutumes locales, les faits historiques contemporains, la topographie, les divers incidents qui ont donné à l'existence et aux annales de Saint-Georges, sous le gouvernement de ses abbesses, une physionomie accentuée et une importance incontestable parmi les établissements religieux de la ville et du diocèse de Rennes.

Un mot maintenant sur le plan et la disposition du travail que je livre à la publicité.

Il m'a paru convenable et utile de faire précéder le texte du Cartulaire d'une introduction sous forme de Prolégomènes. On y trouvera le résumé de la chronique de l'abbaye rattachée aux faits historiques contemporains, l'indication de tout ce que présente de remarquable le détail des particularités consignées dans les actes du Cartulaire.

Vient ensuite le texte lui-même, avec les annotations et éclaircissements qu'il réclame. Au Cartulaire proprement dit j'ai ajouté une série d'actes et titres empruntés au fonds de l'abbaye de Saint-Georges, collection provenant des anciennes archives du monastère, mais dont la copie ne figure pas dans le Cartulaire.

Ces extraits, qui nous conduisent jusqu'à l'époque moderne,

sont suivis de la liste ou catalogue historique des abbesses de Saint-Georges, la plus complète que j'aie pu rédiger, en complétant, à l'aide de renseignements et documents inédits, ce qu'on en connaissait de plus ou moins exact d'après les ouvrages du P. du Paz, du P. Albert-le-Grand, de dom Morice. et de l'abbé Tresvaux.

Enfin, mon travail se termine par des tables et des index facilitant les recherches dans le texte et les annexes.

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