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ergo omnino hominum liceat hanc paginam nostre confirmationis infringere, vel ei ausu temerario contraire. Si quis autem hoc attemptare presumpserit, indignationem omnipotentis Dei et beatorum Petri et Pauli, apostolorum ejus, se noverit incursurum.

Datum Verone, xvi kalendas aprilis.

Bibliographie. Priv. de Maguelone, fol. 22 vo, – GERMAIN, Maguelone sous ses évêques, p. 187; – F. FABRÈGE, Hist. de Maguelone, t. I, p. 291 ; - Jaffé et WATTENBACH, n° 15817.

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La sentence de l'évêque d’Albano est trop importante pour qu'elle ne nous arrête pas un instant. Nous la verrons confirmée par Clément III et Célestin III. Elle est une conséquence des privilèges accordés par Alexandre III et la constitution définitive du chapitre tel que nous le verrons fonctionner.

GERMAIN, dans son étude sur Maguelone sous ses évêques (pp. 38 et 39), tout en reconnaissant l'importance de la constitution donnée par le légat, s'est trompé sur la date : il la mentionne, en effet, après les tentatives de l'évêque de Nimes et de l'abbé de Saint-Gilles, de l'évègue d'Apt et du prévôt de Sisteron, et nous dit que, après la décision du cardinal Henri, la paix renaquit à Maguelone.

Nous ne pouvons admettre cette chonologie qui est contraire aux faits historiques, car ce fut le 20 août 1181 que le cardinal d'Albano prononça la décision entre l'évêque et le prévot, c'est-à-dire dix jours avant la mort d'Alexandre III. C'est ce qu'indique parfaitement Urbain III dans ce passage: Albanensi episcopo, qui tunc in partibus vestris apostolice legationis officio fungebatur. Le fait est donc antérieur au pontificat d'Urbain III.

Henri, abbé de Clairvaux, était venu dans la province pour y combattre les hérétiques. Élu évêque de Toulouse, il refusa et fut, peu après, en mars 1179, créé cardinal et promu à l'évêché d'Albano. Ce fut Fulcrand, prévôt de Maguelone, qui fut élu évêque de Toulouse. Ainsi qu'il résulte de l'accord de l'évèque d'Albano, Fulcrand eut pour successeur immédiat Pierre, et non Bertrand Gauzmar qui n'a jamais été prévôt, comme le dit à tort FISQUET (France pontificale: Montpellier, t. I, p. 329).

A quelle époque exacte Fulcrand fut-il élu évêque de Toulouse ? Les historiens ne peuvent préciser. Cependant, un acte du Cartulaire des Guillems (édit., p. 190) nous permet d'avancer que le 18 février 1177 (n. s. 1178), Pierre était prévðt.

Toutes ces dates ont leur importance. Nous avons vu plus haut que, au moment de l'élection de Fulcrand, Jean de Montlaur voulut essayer de reprendre un peu de son ancienne autorité sur le chapitre, et cela au dépens du prévot. Il en fut de même en cette circonstance; l'occasion lui paraissait favorable pour diminuer les prérogatives de cette autorité rivale de la sienne, mais il se heurta à la main ferme du légat.

L'évèque avait refusé, non pas de sanctionner l'élection de Pierre, mais de lui donner la charge d'ames, c'est-à-dire sa principale prerogative, celle qui faisait de lui le premier dignitaire du diocèse. Il avait confié cette charge à l'archidiacre Guillaume Raimond qui devait lui succéder, quelques années plus tard, sur le siège épiscopal: c'était presque une violation de la constitution d'Alexandre III du 28 juin 1173-1174 (voir No 97).

L'évêque répondait qu'il n'avait accordé, que pour un temps, au prévot Fulcrand la charge d'âmes, et que toutes les lettres de confirmation n'avaient été obtenues par lui du Pape que subrepticement et en cachant la vérité à l'évêque.

Cette raison, exposée devant le légat par les partisans de l'évêque, n'est pas dénuée de fondement. Qu'on relise bien la lettre d'Alexandre III et on se convaincra que, dans ce cas, l'évêque était dans son droit. Si Fulcrand a recueilli la succession du prieur majeur, c'est que l'évêque l'a voulu de bon gré. Alexandre III, en la lui confirmant, reconnaît le fait ; mais aussi prudent sur ce point qu'il l'a été au commencement de son pontificat pour la prévôté, il ne prononce pas la déchéance du droit de l'évêque de nommer un prieur majeur.

Nous avons ramené les événements à leur juste proportion. Voyons quelle sera désormais la situation du prévot devenu d'office, de par son élection, prieur majeur.

Tout d'abord l'évèque garde sur tout le chapitre le pouvoir spirituel et le droit de correction et de coercition, mais dans les limites des privilèges accordés par les Papes. Après l'évêque vient le prévot, qui reçoit de l'évêque la charge d'âmes et le gouvernement spirituel de la communauté. La dignité de prieur majeur est et demeure abolie pour toujours. Quand l'évêque résidera à Maguelone, le prévot ne pourra user de son pouvoir spirituel sur la communauté qu'avec la permission de l'évèque. Si, en l'absence de l'évèque, des cas graves surviennent, et que le prévôt et le chapitre ne puissent les terminer pacifiquement, ils seront réservés à l'évèque. De même, si le prévot était trop sévère dans la correction, il serait rappelé à l'ordre par l'évêque.

Tel est cet accord, si important pour l'histoire du chapitre de Maguelone, car il délimite bien les pouvoirs spirituels du prévôt.

A quelle époque le cardinal d'Albano établit-il cette constitution ? Elle porte la date du 13 des kalendes de septembre (20 août) et elle fut signée au Puy. Nous avons dit plus haut que ce fut en 1181. En effet, en cette année, et au mois de septembre, le cardinal d'Albano tint un concile au Puy, et c'est quelques jours avant l'ouverture du concile qu'il rendit sa sentence (Cf. Hist. gen. de Languedoc, t. VI, p. 97). C'est la date que nous adoptons; mais ce fut quelques années plus tard que Urbain III la confirma.

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Urbain In défend aur chanoines de Maguelone de s'absenter sans la

permission du prévót, soit pour étudier le droit ou les autres branches du savoir humain, soit pour se livrer au négoce ou desservir d'autres églises.

Urbanus episcopus, servus servorum Dei, dilecto filio Petro, Magalonensi preposito, salutem et apostolicam benedictionem.

Cum sit religioni contrarium, ut quisquam, regulari observantie mancipatus, sine licentia majoris sui se debeat secularibus negotiis (1) immiscere, quidam canonicorum tuorum, sicut non sine admiratione audivimus, occasiones frustratorias assumentes, sine licentia tua ad leges, alii ad mundana studia, et quidam ad secularia negotia (*) presumptuose se transferunt, ut ibi liberius suis possint voluptatibus deservire ; et quidam eorum in ecclesiis contra voluntatem tuam ministrare presumunt. Quoniam (1) igitur id, cum regularibus obviet institutis, sustinere nolimus incorrectum, discretioni tue presentibus litteris indulgemus, ut, si qui canonicorum tuorum, post professionem factam et assumptum habitum regularem, sine licentia tua, cujuslibet predictarum occasionum obtentu, se forinsecis occupationibus mancipaverint, eos, juxta regularis ordinis observantiam, puniendi, et a suis excessibus cohercendi, de auctoritate nostra, contradictione et appellatione remota, liberam habeas facultatem.

Datum Verone, xv kalendas aprilis.

Bibliographie. Priv. de Maguelone, fo 27 vo; GERMAIN, Maguelone sous ses évêques,

- F. FABRÈGE, Hist. de Maguelone, t. I, p. 290; – JAFFÉ et WATTENBACH, n° 15818.

p. 190;

Nous aurons à revenir plusieurs fois sur cet esprit de vagabondage de nos chanoines. Nous trouvons que Germain l'a parfois un peu exagéré et a fait dire aux documents plus qu'ils ne contenaient. Dans son étude sur Maguelone sous ses évêques (p. 61), il assimile le vestiaire Raimond de la Roche à un chanoine vagabond, parce qu'il est allé suivre les cours de l'Université de Paris. C'est, nous semble-t-il, abuser d'un document que de le pousser jusqu'à cette limite extrême.

Jamais, à Maguelone, ni l'évêque ni le chapitre n'ont empèché un chanoine de s'absenter de l'ile pour se liver à l'étude. Ce n'est pas là certainement le sens qu'il faut donner à cette bulle d'Urbain III. Le besoin de s'absenter pour étudier était prévu par les statuts; les étudiants avaient même des privilèges, et il fallait un cas grave, tel celui que nous avons cité (Cf. Revue Hist. du diocèse de Montpellier, ire année, p. 212), pour que le chapitre révoquat l'autorisation.

Il est de toute évidence que nos chanoines devaient suivre les cours des Universités pour acquérir une science que Maguelone ne pouvait leur donner, et conquérir les grades dont nous voyons presque tous les chanoines amplement munis. Comme plus tard Zoen, en 1244, c'est contre certains chanoines qui, sans motif légitime et sans permission, s'absentaient de la communauté, que s'élève Urbain III.

3

Priv.: qm=quoniam); Germain, quum.

1. Priv.: negociis; Germain : negotiis. 12, Priv.: negocia ; Germain : negotia.

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Nous verrons des Papes, comme Clément III, Grégoire IX, Alexandre IV, ou renouveler cette bulle dans les mêmes termes, ou aggraver encore les termes de leurs lettres contre la non-résidence des chanoines. Pour être juste, nous devrions dire : quelques chanoines, et, sur ce point, les Papes sont formels : quidam, alii quamplures, lisons-nous dans les bulles. Toutes ces restrictions ont leur importance dans une question de discipline.

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Urbain III renouvelle le statut d'Alexandre III relativement au change

ment des prieurs : ils doivent obéir au prévôt, et, sur ce point, le prévôt peut les y contraindre

par

la censure.

?

Urbanus episcopus, servus servorum Dei, dilecto filio Petro, Magalonensi preposito, salutem et apostolicam benedictionem.

Ad nostram noveris audientiam pervenisse, quod, cum a pie recordationis Alexandro Papa, predecessore nostro, super instituendis et destituendis canonicis in ecclesiis ad te et capitulum pertinentibus, et super aliis institutio facta fuerit et scripto autentico comprehensa, quidam canonicorum tuorum, obviantes ejus finem, si destituantur, aliquando (“) nichilominus per potentiam suam in ipsis ecclesiis remanent, et eas debitis onerare presumunt. Unde, quia non est a nobis in patientia tolerandum, ut quod ab eodem predecessore nostro statutum est temeritate cujuslibet violetur, per hujus scripti paginam discretioni tue duximus indulgendum, ut, si qui predictorum canonicorum, contra constitutionem memorati predecessoris nostri, super hiis temere venire presumpserint, fas tibi sit eos, sine appellationis diffugio, per ecclesiasticam censuram cohercere.

Datum Verone, xv kalendas aprilis.

Bibliographie. Priv. de Maguelone, fol. 27 ro; GERMAIN, Maguelone sous ses évêques, p. 179; – JAFFÉ et WATTENBACH, no 15819; F. FABRÈGE, Hist. de Maguelone, t. I, p. 290.

(9) Priv.: alqn, surmonté d'un trait (= aliquando); Germain : aliquandiu.

1

108- LXXVIII.

20 mars 1186-1187

Urbain 111 concède au prévôt de Maguelone la faculté de déléguer, pen

dant son absence, ses pouvoirs à un de ses confrères, qu'il nommera du consentement du chapitre et de l'évêque.

Urbanus episcopus, servus servorum Dei, dilecto filio Petro, Magalonensi preposito, salutem et apostolicam benedictionem.

Cum pro negotiis (1) Ecclesie tue multotiens (*) te abesse contingat, ne pro absentia tua, in hiis que ad tuum officium pertinent, aliquod possit scandalum interim suboriri, apostolica postulas sollicitudine provideri. Tuis itaque postulationibus annuentes, presenti scripto tibi duximus indulgendum, ut, quotiens te pro ipsius Ecclesie negotiis (*) abesse contigerit, liceat tibi, nullius contradictione vel appellatione obstante, personam idoneam de fratribus tuis, cum consilio sanioris partis capituli, et assensu etiam episcopi tui, nisi malitiose (6) dissenserit, de auctoritate nostra prioratus administrationi (5) preficere, que in absentia tua, in hiis que ad correctionem excessuum pertinent, sicut tu ipse, plenam habeat potestatem,

Datum Verone, xi kalendas aprilis.

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Bibliographie. Priv. de Maguelone, fol. 27 ro; GERMAIN, Maguelone sous ses évêques, p. 191; – JAFFÉ et WATTENBACH, n° 15822 ; – F. FABRÈGE, Hist. de Maguelone, t. I, p. 290.

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Urbain III renouvelle, en faveur du chapitre, la bulle du 16 mars 1186

1187 relativement aur obligations des bénéficiers de contribuer aux charges de la communauté.

Urbanus episcopus, servus servorum Dei, dilectis filiis canonicis Magalonensis Ecclesie, salutem et apostolicam benedictionem.

11, Priv.: negociis ; Germain : negotiis.
2; Priv.: multociens; Germain: multotiens.
3. Priv.: negociis ; Germain : negotiis.

* Priv.: maliciose; Germain: malitiose.

Priv.: amministratione; Germain : administratione.

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