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du nombre des hommes paralytiques au nombre des femmes paralytiques ; nous nous permettons, pourtant, de supposer que le rapport de ce genre ne peut avoir de signification que lorsqu'il est comparé avec le rapport du nombre de tous les malades psychiques hommes au nombre de toutes les malades psychiques femmes. Chez nous, pour chaque paralytique femme il revient 6,41 paralytiques hommes, c'est-àdire que le nombre des hommes aliénés est plus que six fois plus grand, que celui des paralytiques femmes, et que pour chaque femme aliénée il revient 1,75 d'hommes aliénés, c'est-à-dire que la quantité des hommes aliénés est presque deux fois plus grande que celle des femmes aliénées.

De cette comparaison il s'ensuit que si la quantité de tous les malades psychiques des deux sexes était égale, le nombre des paralytiques hommes serait plus que trois fois plus grand que celui des paralytiques femmes.

En partageant ces mêmes données par périodes de quatre années nous aurons les résultats suivants :

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Ces données nous permettent de faire deux conclusions, à savoir : premièrement, le rapport du nombre de tous les malades psychiques du sexe masculin au nombre de toutes les malades psychiques du sexe féminin oscille comparativement peu (en limites très médiocres), ce qui confirme encore plus la régularité de la conclusion, faite par nous, concernant la quantité des malades des deux sexes. Secondement, ces données indiquent sur une augmentation très marquée du nombre des femmes paralytiques les dernières quatre années.

Concernant la division des malades, atteints de paralysie générale en groupes d'après l'âge, nous nous sommes diriges par les considérations suivantes : vu le nombre médiocre des malades en question avant l'âge de vingt ans, nous les avons inclus dans un groupe à part, de même que les malades de ce genre, chez lesquels la paralysie générale a manifesté après soixante ans, ont été aussi placés dans un groupe particulier. Tous les autres malades ont été répartis encore en huit groupes, ayant chacun une période de cinq années.

De 673 paralytiques (hommes et femmes ensemble) :

A l'âge de 20 ans, il y avait 0,60 p. 100
21 à 25

1,34
26 à 30

11,29 31 à 35

26,15 36 à 40

30,31 41 à 45

15,01 46 à 50

9.06 51 à 55

3,86 56 à 60

1,93 A l'âge de plus de 60

0,15

Si nous prenons les hommes et les femmes à part et si nous les répartissons de la même manière, nous verrons, qu'ayant le nombre de paralytiques hommes 581 et le nombre de paralytiques femmes 92.

9,78

Avant 20 ans, il y avait, h. : 0,17 p. 100; f. ; 3,26 p. 100 de 21 à 25

0,69

5,44 26 à 30

11,53 31 à 35

26,16

26,09 36 å 40

31,33

23,91 41 à 45

15,32

13,04 46 à 50

8,95

9,78 51 à 55

3,44

6,52 56 à 60

1,89

2,18 A plus de 60

0,52

0,00

que

la plus

Des données que nous venons de citer, on voit grande quantité de paralytiques hommes et de paralytiques femmes se rencontre dans l'âge de trente-un à trente-cinq ans et de trente-six à quarante ans; chez les hommes le plus grand nombre de malades revient au second de ces groupes et chez les femmes au premier.

De plus, on voit encore que le nombre de femmes paralytiques dans l'âge le plus jeune et le plus vieux est plus grand que celui des hommes à l'âge correspondant.

Vu la rareté comparative des cas de paralysie générale dans l'âge très jeune, nous allons citer in extenso trois cas de paralysie générale juvénile.

OBSERVATION I. Malade B..., jeune fille de seize ans, paysanne, s'adressa à la salle de consultation de la clinique psychiatrique de Moscou le 10 mars 1899. Son père s'adonnait aux boissons fortes et avait supporté le delirium tremens. Son grand-pè maternel buvait aussi et a eu dans la vieillesse une maladie mentale.

La syphilis héréditaire est probable. La malade vint au monde à terme, commença à marcher tôt. Lorsqu'elle était dans sa troisième anuée, elle eut un accès avec perte de conscience, convulsions et écume aux lèvres; ensuite, elle n'eut plus d'accès semblable, elle supporta la rougeole. C'était une fillette vive qui ne présentait rien d'extraordinaire; elle apprenait bien. Deux ans de cela elle a fini son cours à l'école diocésaine. En automne de l'année 1897, elle ontra au service d'un magasin, où elle resta jusqu'au printemps de l'année 1898. Au mois de mai de 1898 la malade commença à manifester des bizarreries et devint entêtée, irascible, se querellait avec sa mère, souvent était de mauvaise humeur, pleurait beaucoup, était triste, voulait se jeter dans la rivière, dormait peu. L'été la malade ne faisait presque rien, rarement prenait son ouvrage, embrouillait son tricot et sa broderie ; sa mauvaise humeur continuait. En automne l'état psychique de la malade resta le même. En hiver il empira; la malade commença souvent à pleurer en prenant sa tête dans les mains; tantôt elle devenait gaie, riait à chaque propos, tantôt se mettait à pleurer; elle grondait sa mère et la battait. La malade manifestait souvent le désir de s'évader de la maison. La mère remarquait que les facultés intellectuelles de sa tille s'affaiblissaient visiblement.

Etat présent. La face a l'aspect d'un masque. La malade marche assez mal; ses mouvements sont atactiques; tremblement de la langue, des mains et des muscles faciaux, lorsqu'elle parle. Les réflexes rotuliens sont très affaiblis ; les pupilles sont étroites; la pupille droite est plus large que la gauche, réagit mal à la lumière. L'écriture est troublée. Le discours paralytique. La malade parle peu et fait l'impression d'être démente.

OBSERVATION II. Malade P..., fille de vingt ans, paysa s'adressa dans la salle de consultation de la clinique psychiatrique

le 24 janvier de 1900. Son père boit très fort, l'oncle paternel aussi.

La malade ne boit pas. Le père avait des plaies (syphilitiques ?) aux jambes. La malade avait la réputation d'une fille d'esprit jus. qu'au début de sa maladie. En été de 1899 la malade faisait encore bien tous les ouvrages de la maison et les ouvrages champêtres; ses parents ne remarquaient rien d'extraordinaire dans son maintien. Deux mois et demi de cela la malade devint oublieuse, distraite; il lui était difficile de marcher, elle commença à parler mal, se plaignait d'un mal de téle et d'un tremblement des mains. La malade parlait peu et si on ne lui donnait pas à manger, elle ne le demandait pas elle-même ; elle ne pouvait plus s'occuper d'affaires. Si elle se mettait à faire quelque chose, ses mains tremblaient, et elle ne pouvait combiner ce qu'elle doit faire. Elle-même elle ne demande aucun ouvrage.

Etat présent. Sa face a un aspect d'un masque, elle marche mal, en chancelant; ses mouvements sont maladroits, la langue et les mains tremblent. La force musculaire des mains est affaiblie. Les réflexes patellaires exagérés, les pupilles réagissent à la lumière. La parole est paralytique.

La malade combine mal, ne sait pas, quand elle est arrivée de la campagne, remarque elle-même qu'elle a une mauvaise mémoire, peut définir le jour, mais ne connait pas le quantième.

La malade peut seulement répondre aux questions, mais ne peut pas elle-même entretenir une conversation bien suivie. Point d'hallucinations. Démence profonde.

OBSERVATION III. Le malade N..., de dix-neuf ans, paysan, commis dans une boutique de viande, s'adressa dans la salle de consultation de la clinique psychiatrique de Moscou, le 10 mars 1892. Son père buvait peu, sa mère était aliénée. Lui-même buvait aussi peu. Jusqu'à la dernière semaine on le regardait comme bien portant, Une semaine de cela après un vol d'argent de la boutique par quelqu'un, il s'imagina qu'on le soupconnait de ce vol et depuis lors devint agité, s'enfuyait de la chambre, ne dormait pas la nuit.

Etat présent. Des tiraillements fibrillaires dans les muscles faciaux et dans la langue. Tremblement des membres supérieurs.

Ataxie des membres inférieurs. Les réflexes rotuliens sont abolis. La pupille gauche est plus grande que la droite.

Les pupilles ne réagissent pas à la lumière. La parole est para. lytique. Démence profonde.

Les 572 hommes paralytiques et les 31 femmes paralytiques d'après les histoires de maladie, où a été inscrite leur position de famille, peuvent être répartis ainsi :

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N'ayant pas de données justes pour la Russie sur la distribution du genre de l'état de famille en général, nous nous contenterons, concernant les paralytiques, de citer seulement les chiffres, sans nous décider de faire des conclusions quelconques.

D'après les occupations, 538 hommes et 65 femmes se divisent ainsi :

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Ici non plus nous ne nous comptons pas en droit de faire des conclusions quelconques pour la même raison.

La seule conclusion qui nous paraît indubitable, conclu

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