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<< ceront avec lui; de cette manière encore nous arriverons sans peine « à l'union. Vous aurez donné par-là à tout l'univers une preuve irré«< cusable de votre bon droit, et vous aurez appelé l'attention de tous «<les catholiques sur la nécessité de poursuivre votre compétiteur par << tous les moyens possibles, de le renverser, comme le schismatique le (( plus pervers, du siége qu'il a usurpé, et même de l'exterminer sans

pitié.

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« Vous tenez donc dans vos mains, très saint père, le salut de

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l'Église, la paix et la concorde; vous pouvez réparer les maux nom<«< breux que nous déplorons, et les pertes causées à l'Église par tant << d'années de schisme. Si nous attendons, si nous espérons quelque «< remède, c'est de vous. Tous les yeux sont fixés sur vous, monsei<< gneur; tout le monde attend de vous le pain de bénédiction. Ou«< vrez donc votre main, et remplissez toutes les âmes de bénédiction. << Mais de quelle bénédiction? De celle dont il est écrit dans les psaumes:

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Que le Seigneur vous bénisse du haut de Sion, et puissiez-vous voir « tous les jours de votre vie les biens de Jérusalem et la paix sur « Israël! Oh! combien vous serez béni, très saint père, si vous bé

<< nissez de cette bénédiction! Heureux le jour qui vous a vu naître!

« Heureux les parents qui vous ont mis au monde pour que vous

((

<< accomplissiez cette œuvre si grande et si belle! On redira en votre << honneur ces vers si élégants :

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« Oui, nous tenons pour certain et hors de doute que vous em

« ploierez tous vos efforts à atteindre ce but, et que vous mettrez de

«

<< gerrimum vestre generose mentis affectum, quem tamen expe<«<riencia quodam modo didicimus, et ideo volucris aura fame,

«<

«<

que jam lacius eumdem circumtulit, circumferreque in dies magis gaudet. Ex quo quanta in nostris aboriatur animis leti<< cia scire ne quesieris; nobis inexplicabile sermone est.

«

<< Si vero in hoc opere ad exitum perducendo nostri moduli parvitas conferre aut subservire vestre beatitudini aliquantu<«<lum valeret, nichil est quod recusemus; ad queque prorsus « onera subeunda, que cervicibus nostris imponere jam dicta << beatitudo dignabitur, promptissimi sumus; id modo preci

«<

piatis quod per nos agi velitis, et nos certe faciemus ut nos<< tram sedulitatem simulque fidelitatem in ea re experiamini.

«<

Quam ob causam, supplicamus humilime, uti nostrum colle

«

gium, ymo vestrum, si in oculis vestris ulla gracia dignum est,

<<< hoc honore et munere dignemini, ut clemencie vestre litteras

<<< suavissimas vestre benedictionis collatrices et voluntatis indices

«<

«< mereamur, quanto cicius commoditatis affuerit, accipere; id

<< enim magnum gracie apud vestram sanctitatem indicium et

magni pignus amoris habebimus, et vestri beneplaciti cognita

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«<

<«< intencione, nos eidem conformare in agendis enitemur.

<< Unum vobis ad postremum supplicamus, et pro vestra cau<<< cione ac honore eciam atque eciam obsecramus, ut illum pacis <«< emulum, ne modo gravius in eum dicamus, de cujus punicione << et vestrum antecessorem monuimus et vos congruo tempore, «< Deo duce, monebimus, a consorcio vestro ab illoque officio,

«<

quod ipse indignissimus contaminat, prepropere abigatis. Quomodo enim sincere quidpiam amministrabit, qui in tan<«<tis flagiciis enutritus sordibusque voluptatis hucusque est ? << Sed quia de hiis alias, hec actenus.

«< côté toute autre affaire. Nous connaissons pour ainsi dire par expé«<rience les sentiments si nobles et si purs de votre âme généreuse; «< la renommée plus prompte que le vent a répandu au loin le bruit « de vos nobles desseins, et se plaît à le répandre chaque jour davan«tage. Ne cherchez pas à savoir jusqu'où va la joie que nous en avons «< éprouvée; il nous serait impossible de l'exprimer.

« Si, pour mener cette œuvre à bonne fin, nous pouvons, malgré «< notre faiblesse, vous être de quelque secours et seconder votre sain« teté, il n'est rien que nous refusions d'entreprendre; nous sommes

((

prêts à courber la tête sous tous les fardeaux que vous daignerez nous «< imposer. Dites-nous seulement ce que vous voulez que nous fassions, « et nous le ferons, de manière à vous donner une preuve du zèle et de « la fidélité que nous apportons à cette affaire. Nous vous supplions « donc humblement de vouloir bien, si vous nous jugez dignes de «< quelque grâce, honorer notre corps, le vôtre plutôt, d'une réponse « favorable, et de daigner dans votre clémence nous adresser à la pre« mière occasion une lettre qui renferme votre précieuse bénédiction, « et qui nous fasse connaître votre souveraine volonté. Nous regarde<< rons ce bienfait comme une grande marque de faveur de la part de « votre sainteté, comme un gage de votre tendresse paternelle, et, dès «< que nous connaîtrons votre bon plaisir, nous tâcherons de nous y «< conformer dans toute notre conduite.

<< Nous ne vous adressons plus qu'une seule prière en finissant. Au <«< nom de votre intérêt et de votre honneur, nous vous conjurons et << vous supplions d'éloigner au plus vite de votre présence, et de dépouiller des fonctions qu'il souille par son indignité (nous ne voulons << pas employer un terme plus fort à son égard), cet ennemi de la paix << dont nous avons demandé le châtiment à votre prédécesseur, et «< que nous vous prierons aussi, avec l'aide de Dieu, de punir, lorsque « le moment en sera venu. Comment apporterait-il quelque intégrité << dans l'exercice du saint ministère, celui qui a vécu jusqu'ici au sein << de la débauche et dans les voluptés les plus infâmes? Mais comme << nous reviendrons plus tard sur ce sujet, nous nous arrêtons ici,

<< Vestro, pater beatissime, ingressui Spiritus Sanctus aspiret, progressui comes assit, felicique egressu vos sistat. Amen. »

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Universitatis apices dominus papa, in unionis persistens proposito, benignissime recepit, litterasque appostolicas, ut pecierant, remittens, omnes monuit ut in hoc bono perseverarent proposito, et, si rotulum placeret pro seipsis dirigere, illum liberaliter signaret. Hujus nuncii lator fuit Avinionensis episcopus, qui postmodum regem adiens monuit ut unioni Ecclesie impenderet operam efficacem semper cum consilio clericorum regni sui, et precipue Universitatis Parisiensis, et quod viam ab ipsa ut pociorem electam summo pontifici notificare dignaretur. Ut colloquium super hoc, secretum tamen, cum domino papa haberetur, rex magistrum Petrum de Alliaco, doctorem in sacra pagina, elemosinariumque suum Avinionem destinavit. Eodem quoque tempore, Universitas rotulum signandum illuc misit; et quamvis id doctorum consilio et rectoris consilio ordinatum fuerit, rotulus tamen ille non fuit generalis.

CAPITULUM XI.

Rex prelatos regni sui evocavit propter pacem Ecclesie.

Dum sic ad habendum pacem in Ecclesia sancta Dei tempus legatos mittendo et remittendo teritur, rex, non immemor promissorum, ex cunctis oris Francie prelatos, ecclesiasticos, et de studiis solemniores doctores apicibus regiis evocavit, ad festum instantis Purificacionis beate Marie diem dicens, ut sciretur qualiter horrendum scisma sopiretur. Ad lacius conferendum super hujusmodi negocio tam arduo regale Palacium as

Très saint père, puisse le Saint-Esprit présider à votre début dans « le pontificat, vous accompagner dans le cours de votre carrière et << la couronner d'une heureuse fin. Ainsi soit-il. >>

Monseigneur le pape, qui continuait à se montrer favorable au projet d'union, reçut avec bonté le message des membres de l'Université. Il leur adressa en réponse, comme ils le lui avaient demandé, un bref apostolique, pour les engager à persévérer dans leurs bonnes intentions; il leur disait que, s'ils voulaient rédiger un rôle et le lui envoyer, il le signerait avec plaisir. Ce bref fut apporté en France par l'évêque d'Avignon, qui alla ensuite trouver le roi, et lui recommanda de travailler efficacement à l'union de l'Église, de concert avec le clergé de son royaume et surtout avec l'Université de Paris, et de vouloir bien notifier au souverain pontife la voie qu'elle avait choisie comme la meilleure. Le roi, qui désirait qu'on en conférât secrètement avec monseigneur le pape, fit partir pour Avignon son aumônier, maître Pierre d'Ailly, docteur en théologie. En même temps, l'Université envoya son rôle à la cour pontificale, pour que le pape y apposât sa signature; malgré ce qui avait été décidé par le recteur et les docteurs, ce rôle ne fut point général.

CHAPITRE XI.

Le roi convoque les prélats de son royaume pour travailler à la paix de l'Église.

Toutes ces ambassades, qui allaient et venaient sous prétexte de ramener la paix dans la sainte Église de Dieu, ne servaient qu'à perdre du temps. Cependant le roi, fidèle à sa promesse, convoqua par lettres closes les prélats, les membres du clergé et les principaux docteurs des universités de toutes les provinces de France, afin d'aviser aux moyens de faire cesser l'horrible schisme; il leur donna jour pour la fête de la Purification de la Vierge, qui était proche. Il voulut que les conférences, qui auraient lieu sur cette affaire importante, se tinssent au

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