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<<< hereditario successit ejus genita, genitrix hujus patris. Cui <«< et si illustres Philippus, Johannes, Karolus quoque reges suc<«< cedentes pro comitatu predicto promiserint decem milium «< librarum parisiensium assignari, id tamen filio non comple« tum est, ut nostis, quamvis hoc, reiteratis vicibus, nunciis et apicibus requisierit instanter. Egrius, nec immerito, domi<«< nus meus sustinet se privatum Normanie parte uberrima, a << rege Johanne matri in connubio concessa; eo potissime cum

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ipsa existens fidelis francigena, regnum semper cordialiter <«< dilexerit, et ad hoc semper temptaverit maritum inclinare. « Fidelissime matris vestigiis filium cordialiter adhesisse omnes «< sciunt, nec unquam ab obediencia regie majestatis declinasse; << quam et ideo postulat ut, complendo progenitorum promissa, << nec deneget que justissime repetuntur, et que, circumspecto«< rum judicio, eciam barbarus princeps minime denegaret.

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Hiis prolixiori sermone peroratis, inde multis feriis successivis argumentosa consilia sequuta sunt; et nonnulli, paternas prodiciones in regnum et regiam majestatem perpetratas attendentes, propter quas et meruerat vitam perdere cum bonis, filium repulsa dignum ob iniquitates patris judicabant. In hanc sentenciam ibant eciam Biturie atque Burgundie duces ejus avunculi; sed dilectissime sororis fidelitatem ad memoriam reducentes, tandem hoc consuluerunt medium, ut loco possessionis materne dominus Petrus Navarre, frater ejus, comitatum de Mortaing in Normania dono regio perpetuo possideret; frater vero, resditus decem milium librarum parisiensium in regno assignarentur, et oppidum principale Normanie Cesaris Burgi resignaret.

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Philippe, Jean et Charles, promirent ensuite au roi de Navarre son père de lui payer, en échange dudit comté de Champagne, une << somme de dix mille livres parisis. Mais la promesse faite au père n'a « pas été accomplie à l'égard du fils, comme vous savez, quoiqu'il l'ait <«< demandé instamment à plusieurs reprises par messages et par lettres. << Il a donc droit de se plaindre d'être privé de la partie la plus fertile « de la Normandie ', que le roi Jean avait donnée pour dot à sa mère; << d'autant plus que cette princesse a toujours été une fidèle française, « qu'elle a montré une affection constante pour le royaume et tra« vaillé sans relâche à inspirer les mêmes sentiments à son mari. Chacun << sait que le roi mon maître a suivi sincèrement les traces de sa loyale « mère, et que jamais il ne s'est soustrait à l'obéissance du roi. Il <«< demande donc à votre royale majesté de tenir les promesses de vos « prédécesseurs, et de ne point rejeter ses justes réclamations, auxquelles un prince barbare même ne pourrait, de l'avis des gens «sages, refuser de faire droit. »

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Telles furent les raisons que l'évêque de Pampelune exposa dans un long discours. Les débats durèrent plusieurs jours. Quelques conseillers, se rappelant les trahisons dont le roi de Navarre s'était rendu coupable envers le royaume et le roi, et pour lesquelles il aurait mérité de perdre la vie avec ses biens, étaient d'avis que les iniquités du père devaient faire repousser les prétentions du fils. Les ducs de Berri et de Bourgogne, ses oncles, partageaient eux-mêmes ce sentiment. Mais, en souvenir de la fidélité de leur soeur bien aimée, ils adoptèrent un moyen moins rigoureux monseigneur Pierre de Navarre, frère du roi, devait, au lieu de l'héritage de sa mère, recevoir du roi, à titre de donation perpétuelle, le comté de Mortain en Normandie. Quant à son frère, un revenu de dix mille livres parisis lui était assigné dans royaume, à condition qu'il céderait Cherbourg, la principale place forte de Normandie '.

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'Le Cotentin et le comté d'Évreux.

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<< En Gastinois et Champagne, dit Ju

vénal des Ursins, luy furent baillées terres

et seigneuries jusques à dix mille livres tournois de revenu »>

CAPITULUM II.

Regis sanitas per supersticiosos homines procuratur.

Ante tractatum predictum, cum decuriones nobiles solitam regis egritudinem curare licitis et illicitis indifferenter procurarent, dominus Ludovicus Sacri Cesaris, Francie marescallus, duos supersticiosos viros ab oris Guienne destinavit Parisius, et, ut fama publica referebat, in medicina et arte magica quamplurimum eruditos. Antiquiori Petrus nomen erat, alter vero Lancelotus vocabatur. Et quamvis ambo ordinis fratrum heremitarum sancti Augustini se professores dicerent, nichilominus armati sub laycali habitu publice incedebant, apostasiam taliter excusando, ut sic viarum vitarent pericula, et ne invidorum circumvenirentur insidiis. Parisius igitur cum venissent, in regio castro sancti Antonii jussi sunt habitare, ad eorum custodiam cliente regio constituto, qui victum cotidianum sumptibus regiis ministraret dapsiliter. Ad conspectum quoque ducis Burgundie sepius accedentes, firmiter asserebant quod infirm itas regia non naturaliter, sed per extrinseca maleficia procedebat, spondentes quod in proximo eorum ope ac industria incolumitatem integram obtineret. Quamvis, ministerium suum inchoantes, aque cum pulverisatis gemmis distillate potu et cibo regis eorum consilio miscerentur, que secundum medicos cuiquam nocere non poterant, ulterius tamen adipiscendum intentum magicis artibus intendebant; quod multi sane doctrine reprobabant, asserentes regem non posse sanari nisi divina gracia mediante.

Ad hanc sane cicius impetrandam, totus populus Francie incessanter devotas oraciones fundebat ad Dominum. Pluries

CHAPITRE II.

On essaie de rendre la santé au roi par l'entremise des sorciers.

Les seigneurs de la cour cherchaient à guérir la maladie du roi par tous les moyens possibles, licites ou illicites. Avant le susdit traité, messire Louis de Sancerre, maréchal de France, avait envoyé des marches de Guienne à Paris deux sorciers qui passaier passaient pour pour fort habiles en médecine et en magie. Le plus âgé s'appelait Pierre, l'autre Lancelot. Ils se disaient tous deux professeurs de l'ordre des frères ermites de Saint-Augustin. Cependant ils se montraient en public avec des armes et sous des habits séculiers, s'excusant de cette apostasie sur la nécessité où ils étaient de se garantir des périls du voyage et d'échapper aux piéges de leurs ennemis. Lorsqu'ils furent arrivés à Paris, on les logea au château royal de Saint-Antoine, et on les plaça sous la garde d'un sergent qui était chargé de leur fournir, aux frais du roi, toutes les choses nécessaires à leur subsistance de chaque jour. Ils allaient souvent trouver le duc de Bourgogne, et lui soutenaient avec assurance que la maladie du roi n'était pas naturelle, et qu'elle provenait de maléfices extérieurs. Ils promirent que dans peu le roi recouvrerait entièrement la santé, grâce à leur art et à leurs soins. Ils se mirent donc à l'oeuvre. Ils firent d'abord mêler à la boisson et aux aliments du roi de l'eau distillée avec des perles qu'on avait réduites en poudre; remède qui, au dire des médecins, ne pouvait faire aucun mal. Ils voulurent ensuite procéder par la magie; mais bien des gens sages réprouvèrent ce moyen, disant que le roi ne pouvait être guéri que par la grâce divine.

Pour hâter le moment de cette guérison, tout le peuple de France ne cessait d'adresser à Dieu de ferventes prières. Plusieurs fois aussi

eciam isto mense viri ecclesiastici cum utriusque sexus plebis innumerabili copia, solemnes et devotas processiones facientes Parisius, per ambitum domus regie sancti Pauli summum medicum corpus Christi detulerunt. Sicque tandem Deus ex alto miseratus, secunda ebdomada jullii, regi contulit sanitatem. Unde ne ingratus videretur, die sequenti, qui fuit dies lune, ad Nostram Dominam Parisiensem in habitu regali peregre profectus est, et inter missarum solemnia Deo gracias persolvit. Qua die eciam et ob hanc causam ecclesie beati Dyonisii venerabilis conventus peregit processionem solemnem apud Stratam.

Ab hac die usque ad diem veneris sequentis ebdomade sani intellectus et conversacionis honeste capax fuit, sed sequenti die mente se alienari senciens, jussit sibi cultellum amoveri, et avunculo suo duci Burgundie precepit ut sic omnes facerent curiales. Tot angustiis pressus est illa die, quod sequenti luce, cum prefatum ducem et aulicos accersisset, eis lacrimabiliter fassus est, quod mortem avidius appetebat quam taliter cruciari, omnesque circumstantes movens ad lacrimas, pluries fertur dixisse « Amore Jhesu Christi, si sint aliqui conscii

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hujus mali, oro ut me non torqueant amplius, sed cito diem << ultimum faciant me signare. »

Dum sic intollerabiliter premeretur, quidam ex curialibus predictos apostatas adeuntes, tanquam Belsebuth consulturi, quesierunt cur rex sic recidivasset. Qui, qua conjectura ignoramus, consuluerunt ut barbitonsor regis, vocatus Mellinus, qui die precedente comam ejus aptaverat, et quidam alter qui domum ducis Aurelianis custodiebat, caperentur et ergastulis ponerentur. Aulici mandato mox paruerunt; et quamvis supersticionibus minime credendum sit, inde tamen plurimi

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