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CAPITULUM IV.

De nupciis filii ducis Britanie et filie regis.

Tricesima die primi mensis suprascripti, rex Karolus, cum ducum, baronum et militum nobili comitiva, in domo regali de Luppara solemnitatem nupciarum Johannis comitis et domine Johanne filie sue iterari statuit hac de causa. Nuper namque, ut dictum est, sponsalia celebrata fuerant solemniter, quia pappa dispensaverat de gradu consanguinitatis cum partibus. Sed quia bulla non faciebat mencionem de nubencium etate qui adhuc impubes erant, papali rescripto propter hoc iterato, eciam iterata est solemnitas nupciarum.

CAPITULUM V.

Richardus rex Anglie occidi fecit avunculum suum et cognatum.

Dum rex Anglie Richardus pactum indissolubilis amicicie pepigisse cum rege Francie gloriatur, inde audacior factus, regnicolarum suorum injurias, qui contra se anno isto pluries arma moverant, non amplius dissimulare censuit, sed repettere vindictam. Sciens tamen tam temerarios ausus ex opum nimia habundancia processisse, graves et insolitas exactiones super plebem imposuit. Qui vero fautores et duces principales concionum predictarum extiterant, ignominiosa morte censuit condempnandos, eciam si de regali prosapia existerent. Inter principes factionis inique dux Glocestrie, ipsius regis patruus, et comes Darondel erant precipui; et hii anno preterito contra ipsum et consiliarios suos conspiraverant, ut dictum est, et comes dictus

CHAPITRE IV.

Mariage du fils du duc de Bretagne avec la fille du roi.

Le 30 juillet, le roi Charles fit renouveler la cérémonie des noces du comte Jean de Bretagne et de madame Jeanne sa fille, dans sa maison royale du Louvre, au milieu d'une brillante assemblée de ducs, de barons et de chevaliers. Les fiançailles avaient été naguère, il est vrai, célébrées solennellement, ainsi qu'il a été dit, après que le pape eut accordé la dispense pour le degré de parenté des deux parties. Mais comme la bulle ne faisait pas mention de l'âge des fiancés, qui n'étaient pas encore nubiles, on avait demandé et obtenu un nouveau bref pontifical. Ce fut pour cette raison qu'on recommença la cérémonie des

noces.

CHAPITRE V.

Richard, roi d'Angleterre, fait mettre à mort son oncle et son cousin.

Le roi Richard d'Angleterre, enhardi par le traité de solide amitié qu'il se félicitait d'avoir conclu avec le roi de France, ne crut pas devoir fermer plus longtemps les yeux sur les injures de ses sujets, qui avaient plusieurs fois cette année pris les armes contre lui, et se disposa à en tirer vengeance. Sachant que leurs audacieuses tentatives provenaient de l'excès de leurs richesses, il accabla le peuple d'exactions extraordinaires et insupportables. Quant à ceux qui avaient été les fauteurs et les principaux chefs des soulèvements, il résolut de les faire périr de la mort des traîtres, fussent-ils du sang royal. A la tête des factieux se trouvaient le duc de Glocester, oncle du roi, le comte d'Arundel et le comte Maréchal' qui, comme nous l'avons dit, avaient conspiré l'année précédente contre le roi et son conseil. Mais

Voir ci-dessus la note de la page 479, liv. xvi1, ch. xx.

Marescalli. Sed iste penitencia ductus, fraudis et nequicie commentum, quod juramento previo sub taciturnitatis sigillo reticendum susceperat, regi libere detexit. Cui cum sub interminacione mortis diem modumque serietenus narrasset, mox rex, collecta Lundoniensium copia, domum patrui inopinate adiit, et eum captum sub conductu predicti comitis ad turrem Londoniensem misit, ut ibidem sub arta custodia teneretur. Inde comites de Rotlant et Cancie cum multis armatis misit, qui comites Darondel et de Warouich, ut proditores, ligatos ad turrem Londoniensem adduxerunt.

Sed cum dominica die ante festum exaltacionis sancte Crucis rex suum tenuisset parlamentum et querimoniam fecisset, recitans infidelitatem captorum, nonnulli, verentes auctoritatem ducis Glocestrie, non censerunt eum morte vulgari puniendum. Hac de causa eum rex apud Calesium misit, ubi, ut publice ferebatur, clandestine strangulatus interiit. Ceteri ignominiosam mortem subire condempnati sunt. Die autem sequenti, cum judicium de ipsis rex instantissime peciisset, tunc archiepiscopus Cantuarie, qui eisdem consenserat, exilium perpetuum subire coactus est cum domino Thoma de Mortuo Mari. Comes vero de Warouich vitam suis et astancium vallidis precibus impetravit. Hanc viam comes Darondel, qui prudencia et opibus ceteris militibus Anglie precellebat, sequi dedignatus, cum extra tormenta regem et decuriones suos voce libera laccessens proditores generaliter nominaret, nec revelare vellet thesauros suos absconditos, tandem, ipso rege presente, per civitatem Londoniarum ignominiose deductus decollatur in communi platea civitatis.

LIV. XVIII. 553 ce dernier, poussé par le repentir, avait révélé au roi la trahison et le complot, malgré le serment qu'il avait fait de garder le plus profond secret. Pressé de dire la vérité sous peine de mort, il dévoila tout au long les mesures et le jour arrêtés par les conjurés. Le roi, prenant aussitôt avec lui une troupe de bourgeois de Londres, accourut sans être attendu chez son oncle, le fit saisir et mener à la tour de Londres par ledit comte, et ordonna qu'il fût gardé étroitement'. Il envoya ensuite les comtes de Rutland et de Kent avec une nombreuse escorte de gens armés, pour arrêter comme traîtres les comtes d'Arundel et de Warwick, et les conduire chargés de chaînes à la tour de Londres.

Le dimanche avant la fête de l'Exaltation de la sainte Croix, le roi tint un parlement, dans lequel il fit connaître ses griefs et exposa la trahison des prisonniers. Quelques membres de l'assemblée, par égard pour le rang du duc de Glocester, furent d'avis qu'on ne le fit pas périr comme un criminel vulgaire. En conséquence, le roi l'envoya à Calais où il fut, dit-on, étranglé en secret. Quant à ses complices, on déclara qu'ils avaient mérité une mort ignominieuse. Le lendemain, le roi ayant insisté pour que l'on hâtât le jugement des coupables, l'archevêque de Canterbury, qui avait pris part au complot, fut condamné à un exil perpétuel avec messire Thomas de Mortimer. Le comte de Warwick dut la vie à ses instantes prières et à celles des assistants 2. Le comte d'Arundel, l'un des plus fameux chevaliers et des plus riches seigneurs d'Angleterre, dédaigna de recourir à de pareils moyens. Au milieu des tourments il insulta hardiment le roi et les gens de sa cour, les appelant tous des traîtres, et refusa de révéler l'endroit où étaient cachés ses trésors. Après avoir été promené ignominieusement par les

Suivant le moine d'Evesham, ce fut à son château de Plaisy, dans le comté d'Essex, que le duc de Glocester fut arrêté. Froissart raconte autrement les circonstances de cette arrestation. Il dit que le roi se rendit chez son oncle et lui demanda de le suivre à Londres pour une affaire importante; que le duc se rendit à cette invitation, et qu'au moment

où il passait à Strafford, le comte Maréchal, placé en embuscade, s'élança sur lui, l'entraîna vers un vaisseau qui l'attendait sur la Tamise, et le conduisit immédiatement à Calais.

<< Ledit comte de Warwick, dit Froissart, fut par pitié respité de la mort, et envoyé en l'île de Wisgue (Wight). ›

"

CAPITULUM VI.

Filia regis religiosa est effecta.

Die nativitatis beate Marie, rex et regina Francie eorum filiam, Mariam nomine, nundum adhuc quinquennem, apud Possiacum claustrum sacrarum sanctimonialium perduxerunt, ut ibidem sacro insigniretur velamine, et spretis mundialibus pompis in castitate Deo perpetuo deserviret. Ut devocio regia cum solemnitate diei honeste concurreret, in eadem ecclesia ante missam capellani regii processionaliter precesserunt; quos episcopus Bajocensis in pontificalibus sequebatur, defferens unum jocale aureum, quod rex dignum duxerat offerre in presentacione filie predilecte. Inde ipsemet tercium tenebat ordinem cum regina et insignium utriusque sexus nobili comitiva, in qua dominus Dalbret presens erat, qui predictam virginem, oblacionem Deo dignam, dyademate regio, ciclade et vestimentis auro textis ornatam, in ulnis bajulabat, donec in capitulum venisset. Ibi, qui religiosarum consciencias ex officio dirigebat, cum votis religionis eciam observancias regulares sibi proposuit. Quibus cum se verbis humilibus submisisset, mox domina priorissa, ducis Borboniensis soror, eam vestimentis religiosis induit; et tunc cetere sorores presentes, dulcissonis vocibus Spiritus Sancti graciam invocando, ipsam ad ecclesiam perduxerunt. Inter missarum solemnia episcopali benedictione percepta, ac regio prandio in leticia peracto, cum predicta priorissa spolia puelle regie ecclesie sue applicans, ut moris est, coronam preciosissimam auro et gemmis ornatam, eidem ab

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