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Rex Scocie legatos regis Karoli honorifice recipiens inter progenitores amborum jurata federa instantissime peciit confirmari ob mortalem discordiam, que solito acrius vigebat inter ipsum et regem Anglie Richardum. Is repetitis vicibus sacramentis firmaverat quod, parte Hybernie, que sibi suberat, reformata, quietum sompnum non duceret, donec regnum Scocie subjugasset. O mortalis ignorancia, non previdens que sibi futura essent, et quod proximo per suos erat regno et vita proditorie privandus!

CAPITULUM VI.

Aurelianis et Lancastrie duces mutuo confederantur.

Quo proficisci volebat regi Francie dilectissimo patri cum recommendacione humili nunciis et apicibus notum fecit. Quod ut comperit dux Henricus, qui inter duces Francie exulabat, et opportunitatem illatas injurias vindicandi, ne ad hoc sibi coadjutores deessent, cum duce Aurelianis militare pactum secretissimum iniit. Quod quia nonnulli postmodum reprobantes ipsi duci Aurelianis detrahebant, hoc solum tamen in substancia continebat, quod ambo principes sine intermissione affectum vere dilectionis servando, quilibet erga amicos benevolus et erga adversarios hostis existeret, et in cunctis agendis negociis salutem et honorem amici verbo factoque proposse diligenter procuraret, servaret et deffenderet. Item et contra quascunque singulares personas, contra quoscumque principes, cujuscumque status, auctoritatis vel preeminencie existerent, unus alterum tueretur, quamdiu fedus induciale duraret inter reges, exceptis tamen dominis confederatis ipsi duci Aurelianis, qui sequntur. Placuit enim ipsi ut ab hoc pacto rex Francie

LIV. XX. Le roi d'Écosse reçut avec les plus grands égards les ambassadeurs du roi Charles, et demanda instamment la confirmation des traités d'alliance jurés entre les deux couronnes. Il craignait les suites de la haine implacable qui régnait entre lui et Richard, roi d'Angleterre. Richard avait juré à plusieurs reprises qu'après avoir rétabli l'ordre dans la partie de l'Irlande qui lui était soumise il ne dormirait point en repos qu'il n'eût conquis l'Écosse. O aveuglement des mortels! il ne prévoyait pas le sort qui l'attendait; il ne savait point que bientôt il allait être privé traîtreusement du trône et de la vie par ses sujets.

CHAPITRE VI.

Alliance contractée entre les ducs d'Orléans et de Lancaster.

Le roi d'Angleterre adressa un message à son beau-père bien aimé le roi de France pour lui notifier sa résolution. A cette nouvelle, le duc Henri, qui était en exil à la cour de France, pensa que le moment était venu de venger ses injures. Il chercha des amis pour l'aider dans son dessein et conclut une alliance secrète avec le duc d'Orléans. Quelques personnes désapprouvèrent plus tard cette alliance et en firent des reproches au duc d'Orléans. Cependant elle renfermait pour toute clause, que les deux princes conserveraient l'un pour l'autre un sincère et durable attachement, qu'ils auraient les mêmes amis et les mêmes ennemis, et qu'en toutes circonstances ils protégeraient, garderaient et défendraient réciproquement de paroles et de fait, selon leur pouvoir, la vie et l'honneur de chacun d'eux. Ils devaient en outre, tant que durerait la trêve conclue entre les deux rois, se prêter un mutuel appui contre tous les particuliers ou princes, quels que fussent leur rang, leur crédit et leur puissance. Le duc d'Orléans excepta toutefois ses alliés le roi de France, la reine et leurs enfants, les ducs de Berri, de Bourgogne et de Bourbon, et même les rois de Bohême et de Hongrie avec leurs oncles les marquis de Moravie, et pareillement tous ceux qui étaient descendus ou qui descendraient

cum regina liberisque eorum, duces quoque Biturie, Burgundie, de Borbonio, ac eciam Boemie et Hungarie reges cum eorum avunculis, marchionibus de Moravia, illi eciam qui de sanguine regali descenderant sive procreandi essent primitus exciperentur. Iterum et cum prefatis duces Mediolani et Lothoringie, comitem de Cleves, dominum de Clychon omnesque vassallos suos, qui nuper sibi juramentum fidelitatis fecerant, nominavit; sicque federe jurato decima septima die junii et amborum ducum sigillis roborato, dux Henricus usque ad recessum regis Anglie moram fecit Parisius.

CAPITULUM VII.

Reginam Anglie indecenter Anglici tractaverunt post regis recessum.

In regem Anglie perpetratum facinus sui ipsius attrocitate satis habundeque sufficeret vel omnino fidem excludere vel suspectam reddere veritatem, nisi quod in Anglia nichil miracli est similia monstra scelerum perpetrari, que revera pocius tragedorum sunt defflenda boatibus quam annalibus contexenda. Anglorum tamen repentinam alteracionem posteris relinquam, ut reges eorum, qui fortune funibus alligati suam ex rerum affluencia gloriam mecientur, Richardi casu moniti beatos se desinant predicare, ne tociens miseros rursus se clamitent, cum a dignitatis gradu deciderint.

Is igitur qui inter occidentales reges potencius se gloriabatur regnare, quoniam egre ferebat Ybernie sibi subditam porcionem rebellionis spiritum assumpsisse, hujus anni principio huc statuerat transfretare cum armatorum multitudine et ingenti copia thesaurorum. Et ne, eodem absente, civiles motus assueti patriam perturbarent, ducem Eboracy, avunculum suum,

du sang royal. Il comprit encore parmi ses alliés les ducs de Milan et de Lorraine, le comte de Clèves, messire Olivier de Clisson et tous ses vassaux qui lui avaient naguère prêté serment de fidélité. Ce traité fut juré le 17 juin et scellé du sceau des deux princes. Le duc Henri resta à Paris jusqu'au départ du roi d'Angleterre.

CHAPITRE VII.

Mauvais traitements exercés par les Anglais contre la reine d'Angleterre après le départ du roi.

L'attentat commis sur la personne du roi d'Angleterre est tellement atroce, qu'on n'y ajouterait aucunement foi, ou du moins qu'on douterait de sa réalité, si l'on ne songeait que des crimes si monstrueux n'ont rien qui doive surprendre en Angleterre. Un tel sujet serait plus digne des déclamations de la tragédie que du récit de l'histoire. Cependant je transmettrai à la postérité cette révolution soudaine, afin que les rois d'Angleterre qui, aveuglés par les faveurs de la fortune, mesureront leur grandeur sur leur prospérité, trouvent un enseignement dans la chute de Richard, cessent de vanter leur bonheur, et ne déplorent point si amèrement leur misère, lorsqu'ils seront tombés du faîte de la puissance.

Ce prince, qui pouvait se considérer comme un des plus puissants rois d'Occident, irrité que la partie de l'Irlande qui était soumise à sa domination se fût révoltée contre lui, avait résolu au commencement de cette année de passer dans ce pays avec une puissante armée et des sommes considérables. Pour prévenir les troubles qui pourraient éclater en Angleterre pendant son absence, il confia la direction des affaires à un conseil composé du duc d'York, son oncle, et des chevaliers Guil

Guillelmum Scrop, Thomam de Bossiaco, Thomam Bigot ac Johannem Ruffi milites relinquit, de quorum fidelitate et industria confidebat, qui regni ardua sagaciter pertractarent. Consortem eciam dilectissimam, adhuc signaculo puellari decoratam, filiam regis Francie, eorum providencie commendavit ; quam tamen postmodum, et, ut creditur, in odium Gallicorum, indecentissime tractaverunt. Sane utriusque sexus omnem sibi gratam familiam, cujus dulci alloquio tristiciam elongacionis parentum et patrie sepius mitigabat, de Anglia expulerunt, duntaxat quadam domicella et confessore exceptis. Iterum statuerunt ut, consueto statu diminuto, paucis servitoribus contentaretur anglicis, apud Wantlinforde quasi solitaria moraretur et ne deinceps Francigenam aliquem secrete reciperet, nec cum eo publice loqueretur.

Unde rex, regina Francie et omnes lilia defferentes graviter indignati sunt, aperte percipientes quam fugienda essent inclitis mulieribus Francie Anglicorum connubia. Sane ista gens dubia suspectos semper habuit Gallicos, forsan quia timebat 'ne contra regnum aliquid molirentur, non advertens quod aliunde sibi discrimen proximum imminebat.

CAPITULUM VIII. .

Dux Lancastrie Henricus regnum Anglie occupavit.

Ut regem Anglie transfretasse comperit dux Lancastrie Henricus, opportunitatem nactus suum recuperandi ducatum, mox ad Anglicos destinat apices, de tedioso ac diuturno exilio conqueritur, exprobrat regis severitatem et perjuriium arguit; injuste se exheredatum astruit, rogans ut sibi favorabiles

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