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serge était décoré à la fois d'un bénitier, d'un Christ et du buste d'un poète tragique; ma preuve ? c'est Michaud, qui, élevé dans une province où la Révolution fut saluée avec un enthousiasme général, sut résister au torrent qui l'enveloppait, et braver les proscriptions et l'exil pour rester fidèle à la cause des Bourbons et de la Religion, à laquelle il consacra sa plume et sa vie entière. C'est tant d'autres enfin, qu'il me serait facile de citer, si je ne m'apercevais qu'il est temps d'arriver à la fin de ce discours, quel que soit le charme que j'éprouve à dire, au milieu de vous, du bien de mon cher pays. »

Biographie.

S. Exc. M. le comte Avet, membre de la Société, a fait lire, dans une de ses séances, un article nécrologique sur M.

le marquis d'Alinges. L'éloge d'un homme qui n'a usé d'une grande fortune que pour faire du bien à ses semblables, et surtout à ses compatriotes, le souvenir d'un nom qui se trouve partout mêlé avec honneur aux annales de la Savoie, ont, sous la plume de l'habile écrivain, vivement excité l'attention des auditeurs.

Dans son discours de réception, M. J. Bonjean a fait l'éloge de M. Bise, ancien professeur de belles-lettres, bibliothécaire de la ville de Chambéry et membre de la Société académique. Homme simple, laborieux, désintéressé, M. Bise ne devait qu'à lui-même l'instruction qu'il semblait n'avoir acquise que pour la communiquer aux autres. Littérateur modeste, professeur dévoué, il se fit autant d'amis qu'il avait eu d'élèves. Il est décédé le 29 novembre 1841.

Une des pertes les plus sensibles qu'ait faites la Société est celle de M. le docteur Gouvert, décédé le 22 mars 1842. Médecin distingué, philosophe observateur, agronome plein de zèle, M. Gouvert réunissait un ensemble de connaissances qui se trouvent rarement dans la même personne. Membre de la Chambre de Commerce et d'Agriculture, vice-président de l'Académie, membre de la junte provinciale de statistique, médecin des hospices et de presque tous les établissements publics de la ville, il appartenait encore à toutes les administrations, et par son activité il suffisait à tout.

Usé par le travail bien plus que par les années, atteint d'une maladie cruelle et qu'il savait incurable, il adoucissait encore les souffrances de ses derniers jours par l'étude et les consolations que procure la religion à ceux qui voient fuir

loin d'eux un monde qui n'a pu combler

leurs désirs.

Encouragements.

La Société a, chaque année, distribué les prix de la fondation Guy, et pour la poésie comme pour la peinture, elle a pu remarquer des progrès sensibles dans les ouvrages qui ont été envoyés au concours.

Pour 1841, le sujet du prix de peinture était un paysage à l'huile, représentant de préférence l'un des monuments historiques de la Savoie.

Le prix a été remporté par M. Hugard, de Cluses, élève de M. Didet, de Genève. Pour 1842, le sujet du prix de poésie était l'abbaye d'Hautecombe. C'est M. J.-P. Veyrat qui a été pour la seconde fois couronné par l'Académie.

Pour 1843, la Société a statué

que le

prix de peinture sera accordé au meilleur dessin représentant un fait puisé dans l'histoire de Savoie. L'Académie laisse au choix des artistes le genre de dessin et même les dimensions du tableau. Elle recevra également des ouvrages au crayon, à l'estompe, à la plume, à la sépia ou à l'aquarelle. L'invention du sujet, la disposition des personnages, la perfection des détails, serviront de base au jugement de l'Académie.

Une société s'était formée dans la ville d'Annecy, pour ouvrir une souscription destinée à produire des fonds pour élever un monument à la mémoire de Berthollet; l'Académie ne pouvait rester indifférente à une telle entreprise. Quand l'illustre chimiste n'eût pas été l'un de ses membres les plus anciens comme les plus distingués, elle aurait encore voulu revendiquer pour la Savoie l'une des gloires de la science; c'est pour cela qu'elle a alloué

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