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Svi ad insvlam Magalone confugervnt

vel S. Petri Ecclesiam

in Sedis Apostolice tvitione specialiter confovendam svscepervnt

TRADITIONES ANTIQVAS COLLIGENTES

ET S. R. ECCLESIE BENEFICIA RECOLENTES

PIE VOVERVNT AVCTORES

Be

dans ou de leurs légats. Tous ces documents devaient, en effet, prendre rang notre Recueil. Il fallait que le chercheur, en ouvrant le volume, connût de suite les rapports de chaque Pape en particulier avec notre diocèse, et constatât que, à travers la succession des Pontifes, le même amour pour l'Église de Maguelone s'était maintenu pendant ces deur cent cinquante ans sur le siège de Pierre. Il était de toute nécessité aussi de reproduire les documents dans leur complète intégrité, dussions-nous parfois ètre dans l'obligation de répéter, et souvent dans les mêmes termes à peu

d'années de distance, les mêmes bulles, parce qu'elles montrent, dans la diversité des personnes, toujours la même unité de vue, de doctrine et de discipline dans la Papauté.

A cette époque, en effet, le Pape était lié à notre diocèse autrement que de nos jours. Pour nos pères, il n'était pas seulement le Docteur universel enseignant et dirigeant l'Église; des liens plus intimes les unissaient. Les historiens modernes, M. LUCHAIRE en particulier, ne les ont pas assez mis en évidence. Ils ont même contesté au Pape ses droits sur le comté, en niant qu'ils fussent valables. A notre tour, nous essaierons d'en démontrer, au contraire, la parfaite légitimité. Dès lors les rapports des Souverains Pontifes avec le diocèse de Maguelone revêtent un caractère tout particulier. Ce sont ces droits incontestables que leur reconnaissent nos pères, ce sont ces liens intimes qu'ils proclamaient, quand ils demandaient à Innocent III de ne pas in féoder le comté, mais de le laisser toujours placé directement sous l'autorité des Papes.

Nos chanoines surtout ont connu cette condescendance des Pontifes Romains envers leur chapitre pendant cette époque. Les Papes furent paternels toujours sans être faibles, à l'encontre de l'accusation de GERMAIN contre Innocent IV et Alexandre IV. Nous reviendrons, de notre côté, sur toute cette affaire de la réforme capitulaire. Et en groupant, comme de juste, tous les documents de la cour pontificale ayant trait à une même question, nous pourrons peut-être faire rendre justice à ces deux Papes.

La place privilégiée de Maguelone dans la préoccupation des Souverains Pontifes nous vaut ce grand nombre de pièces réunies dans ce Bullaire de l'Église de Maguelone. Nous ne pouvions, en effet, négliger aucune lettre, aucun acte, dussent-ils ne nous rien apprendre sur l'histoire du diocèse. Il nous a été particulièrement agréable, nous l'avouons sans ambage, de recueillir les lettres familières. Ce sont celles que nous avons insérées aver le plus de plaisir. Pour un grand nombre, le Pape vit en dehors de l'Humanité; ce n'est pas un homme, mais une « moitié de Dieu », suivant le mot du poete. Nous n'avons jamais beaucoup gouté ce langage hyperbolique. Pour nous, catholiques, le Pape n'est pas un demi-Dieu. Sans doute, au xie sierle et au xie, la Papauté domine le monde. Elle rit dans une atmosphere spéciale; en communication avec la Dirinité, elle fait entendre une doctrine magnifique sur le bonheur des peuples. Mais il ne messica

pas de la faire descendre sur terre, et de montrer que sous ces habils pontificaur battait un cour d'homme. Tel Alexandre III, le grand lutteur, écrivant familierement aur chanoines de Maguelone pour se délasser, quelques instants , de ses tribulations et faire part à ses amis dex fuligues de son retour triomphal. Tel Clément IV, presque un compatriote, adressant des lettres affertueuses à ses amis de Melgueil ou de Montpellier. Sans doute bien rares sont de pareilles lettres parvenues jusqu'à nous ; aussi avons-nous tenu à les recueillir avec grand soin. Elles rattachent res Papes à notre diocèse par le commerce intime de l'amitié.

Mais, i cette époque, la Papauté aborde toutes les questions. Rien ne se fait sans elle dans le monde politique et religieur. Dès lors, pour montrer son influenue, nous devons la suivre sur tous les champs de l'activité humaine.

Voici d'abord les lettres envoyées aur comtes de Melgueil ou relatives au comté, et celles adressées aur Guillems de Montpellier. Puis, bientot, par une substitution que nous aurons à étudier, et sur laquelle nous apporTerons des documents nouveaur, les comtes de Toulouse deviennent comtes de Melgueil, tout comme les rois d'Aragon, par le mariage de Pierre avec Marie de Montpellier, deviennent seigneurs de cette ville. Pour ce motif tous ces personnages nous intéressent, et nous ne pouvions négliger les lettres des Papes à eur adressées, pas plus que celles écrites à nos évéques ou au chapitre. Voilà pourquoi on trouvera dans notre Rerueil toutes les bulles que nous avons pu nous procurer sur les comtes de Melgueil ou de Toulouse-Melgueil, sur les Guillems, sur Pierre d'Aragon, sur Marie de Montpellier et ses tribulations matrimoniales, sur Jacques d'Aragon, dans la mesure ces lettres offrent de l'intérêt pour notre diocèse.

Sans doute parfois les vicaires de Jésus-Christ feront entendre de dures writes aur puissants du jour. Il est bon de les enregistrer. Heureux temps les teles couronnées savaient que, au-dessus d'elles, il y avait une puissance formidable, comme celle de la Papauté, qui ne tremblait pas devant leurs pritentions, et savait les rappeler à l'obserrance de leurs devoirs comme de simples fidèles. Nos hommes politiques modernes pourraient puiser de grandes leçons dans les bulles ici publiées. De nos

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