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partie, et des anciens inventaires qui nous permettent de mesurer l'étendue des pertes qu'il a subies. C'est à ces points que nous avons limité nos recherches.

Mais avant d'en donner le résultat sommaire, il convient de signaler à qui serait curieux d'évoquer le souvenir d'un passé qui fut glorieux et brillant, les auteurs qui, malgré la diversité des points de vue auxquels ils se sont placés, pourraient l'aider à mener à bien cette étude.

1. Pour l'église Saint-Jean :

1o Tapisseries. - Rapport de M. A. Darcel sur les tapisseries de l'église S.-Jean de Malte, Malta, 1881, 8 p. fo.

20 Peintures. Descrizione della chiesa di S. Giovanni Battista , Malta, Laferla, 1818, 4o. - Rupporto preliminare del comitato speciale..... per.... prendere in considerazione lo stato della pittura del tello della chiesa di San Giovanni e lo stato del palazzo Magistrale, Malta, 1866, fo. Achille Ferres : Descrizione storica delle chiese di Malta e Gozzo, Malta, 1866, 8o.

30 Pavé. – R. Caruana : Collezione di monumenti e lapidi sepolcrali dei milili Gerosolimitani nella chiesa di San Giovanni in Malta, Malta, 1838-40, 3 vol. fo. – Cf. Mas-Latrie : Notice sur les

Archives de Malle, p. 50-210.

II. – Pour le palais des Grands-Maîtres :

10 A history and descriprion of the grand armoury governor's palace, La Valetta, Malta, 1814, 80.

20 L'ouvrage cité plus haut : Rapporto preliminare, etc. Les principaux souvenirs, dans ce palais, sont les collections d'armures et de majoliques, quelques tableaux, une série de fresques du seizième siècle, décorant les appartements du premier étage, dont une partie est actuellement recouverte par des boiseries (salle du trône), mais qui a été gravée et reproduite au seizième siècle dans : Disegni della gverra, assedio ei assalti dati dall' armata lurchesca all'isola di Malla l'anno MDLXV...... in Bologna, con dipinti gia nella grā sala del Palazo di Malta da Matteo Perez d'Aleccio, et hora intagliati..... da Anton Franco Lucini Fiorentio,

1631; 16 planches fo long. III. Pour les fortifications et les auberges de différentes langues :

Claudius Shaw : Malta « Sixty years ago », London, 1875, 80. Rev. Henry Seddall : Malta past and present, London, 1870, 8o. Withworth Porter : Malta and its knights, London, 1871, 80.

Achille Ferris : Memorie dell'inclito ordine Gerosolimitano esistenti nelle isole di Malta, 1881, 80, et généralement tous les guides

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et toutes les descriptions de voyages à Malte, surtout celles du siècle dernier.

Ce ne sont là que quelques indications, mais elles peuvent servir aux premières études sur ce point; un travail complet sur la matière, en effet, ne saurait être mené à bonne fin sans de minutieuses recherches sur les lieux mêmes.

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Personne n'ignore que l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, surtout depuis sa venue à Malte, était très riche, et qu'il possédait un trésor remarquable. Reliques vénérées, placées dans des reliquaires précieux, dons faits à l'église conventuelle par les chevaliers et les dignitaires de l'Ordre, présents envoyés par les rois aux grands maîtres, dépouilles et trophées arrachés aux infidèles, avaient été accumulés dans le trésor de l'église.

Nous avons pu, grâce à la bienveillance de Sa Grandeur Monseigneur l'archevêque - évêque de Malte, avoir la liberté d'examiner et de reproduire ceux des objets précieux qui sont encore conservés dans l'île.

Ce qui reste, malheureusement, de ces objets d'art n'est qu'une faible partie de ce qui existait du temps des chevaliers. Les auteurs maltais, unanimement, ont attribué aux Français, durant leur séjour à Malte, ces spoliations et la disparition de tant d'æuvres précieuses, dont ils regrettent la perte. Mais leur patriotisme, en cette circonstance, leur fait dépasser le but; il n'est pas douteux que des excès aient été commis pendant que les Français étaient maitres de l'ile; il est également certain que le manque

; de numéraire a obligé les fonctionnaires français à faire fondre des matières précieuses pour les convertir en lingots. Mais l'affirmation, en ces matières, telle qu'ils la formulent, est souvent téméraire ; c'est ainsi qu'on ne doit accepter que sous toutes réserves l'anecdote d'après laquelle le général Bonaparte, visitant l'église Saint-Jean et admirant le reliquaire contenant le bras de saint Jean-Baptiste, en aurait détaché une bague ornée d'un gros brillant et se la serait passée au doigt (1).

Quoi qu'il en soit, nous n'avons en France que peu d'objets provenant de Malte. Les trophées qu'emportait la Sensible se composaient : de drapeaux de l'Ordre, qui furent détruits, sauf deux livrés aux Anglais ; d'un modèle de galère en argent, d'une pièce

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de quatre d'un travail curieux, tombés aux mains des Anglais; d'un surtout de table venant de Chine, et de vues de l'ile de Malte (1). Les archives du ministère de la marine, étudiées pour cette période, ne mentionnent l'envoi d'aucun souvenir historique ou artistique en France. Nous ne connaissons que deux armes provenant de Malte qui furent rapportées à Paris; elles durent être prises par le général Bonaparte, emportées en Egypte et rapportées en France. Ce sont :

10 Un poignard donné au grand maître La Valette par le pape Pie IV pour avoir défendu Malte en 1565 contre les Turcs. Seizième siècle, travail italien, - Mentionné dans le catalogue

. du Musée des souverains sous le no 170, avec la mention « offert à Bonaparte après la prise de Malte. » – Conservé au Louvre dans la galerie d'Apollon, sans numéro. Il est entré au Louvre en 1845 avec les autres armes de Napoléon (2).

20 L'épée donnée par Philippe II au grand maître L'Isle-Adam et conservée au cabinet des Médailles, no 5572.

On voit par là que si le trésor de l'Ordre a été dépouillé par les Français, ils n'en ont pas tiré grand profit au point de vue artistique.

La sacristie de l'église Saint-Jean conserve encore un assez grand nombre d'objets précieux, dons des chevaliers et souvenirs de l'Ordre. Les tapisseries qui décoraient l'église aux grandes fêtes subsistent encore ; données en 1700 par le grand maitre Perellos, elles se composent de 15 scènes, et de 14 figures destinées à séparer les tapisseries les unes des autres. Les ornements d'autel (chasubles, étoles, etc.), sont représentés par une série très complète de pièces données par les grands maîtres Lascaris, N. Cotoner, Pinto, Rohan ; les livres de cheur portent les armes de L'Isle-Adam, Loubenx-Verdale et de Paule; ils sont d'une belle exécution. Parmi les objets d'orfèvrerie, nous en avons distingué un certain nombre dont voici la description sommaire :

I. Croix à double branche contenant un morceau de la vraie croix. D'un côté, au centre, le Christ bénissant, assis; à gauche et à droite, deux saints; au centre de la deuxième branche, agneau passant; à gauche et à droite, deux saints : en haut et en bas deux saints. — De l'autre côté, le milieu étant occupé par la vraie croix, les extrémités sont seules ornées : en haut une aigle ; aux

(1) Correspondance de Napoléon, 2685 , 2690, 2699.

(2) La Valette, pour perpétuer le souvenir de ce don, fit, depuis 1565, figurer dans ses armes un poignard comme cimier.

II.

V.

extrémités de la première branche, deux anges agenouillés ; aux extrémités de la deuxième branche, l'aigle et le taureau; en bas, un ange agenouillé, la tête levée vers le ciel dans la posture de l'adoration; travail byzantin (xo ou xie siècle).

Le pied de cette croix est d'un très gracieux travail du commencement du dix-huitième siècle.

Lanterne d'argent; travail maltais , dix-huitième siècle, aux armes de l'Ordre.

III. Dessus de tabernacle pour recevoir l'ostensoir ; travail en argent sur bronze doré, donné par Gregorio Caraff:1 en 1590. IV. - Ostensoir, dix septième siècle.

Tableaux d'autel aux armes du donateur; travail de Malte, en argent repoussé et découpé, dix-huitième siècle.

VI. – Reliquaire en forme de cathédrale gothique, quatorzième siècle : pied avec émaux contenant les reliques des SS. Pierre et Paul.

Grand ostensoir en argent doré et cristal de roche grave, fin du seizième siècle.

Nous n'avons cité ici que les pièces qui nous ont paru le plus dignes d'attention, autrement, il eût été facile de doubler le nombre des objets à décrire ; il convient cependant de signaler un grand groupe monumental (XVIIe siècle), destiné à être placé sur le maître-autel et représentant deux anges de grande dimension, agenouillés devant un tabernacle dans lequel on exposait, à l'époque de la Saint-Jean, la relique de la main du saint qui, aujourd'hui, est en Russie.

VII.

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II.

TRÉSOR DE LA CATHÉDRALE DE CITTA-NOTABILE.

Bien que depuis la fondation de l'église conventuelle de SaintJean à La Valette, l'église de la Conversion de Saint-Paul à Città-Notabile fût devenue exclusivement l'église cathédrale de Malte, et, par suite, fût restée étrangère à l'Ordre de Malte, cependant son trésor contient divers objets qui rappellent le souvenir des chevaliers. C'est ainsi que les statues de la Vierge et des douze Apôtres, en argent, qui avaient appartenu originairement à l'église conventuelle, sont aujourd'hui conservées dans la cathédrale de Città-Notabile. Elles surent, dit-on, rachetées par les chanoines en 1798 aux Français qui voulaient les convertir en lingots. Nous donnons ici une courte description des objets qui semblent les plus intéressants.

- Livre de cheur avec des plats couverts d'admirables cise

1.

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lures en argent doré (xvie siècle, travail florentin), don du cardinal Sceberras.

II. — Evangéliaire du douzième siècle, sur lequel juraient les chevaliers. Il comprend les quatre Evangiles avec les préfaces de saint Jérôme. Les plats sont couverts de plaques d'argent d'un travail byzantin représentant: l'une, le Christ en croix, accompagné de deux apôtres, avec les quatre animaux symboliques, et en bordure dix portraits de saints vus jusqu'à mi-corps, avec une inscription grecque; l'autre, un Christ nimbé, assis, tenant le glaive et le livre des Evangiles; les symboles des quatre Evangélistes, et dix saints, comme sur l'autre face, complètent la décoration. Venu de Rhodes.

III. - Grande croix de cheur; symboles des quatre Evangélistes et saint Jean au milieu ; de l'autre côté, le Christ en croix; en haut, saint Jean bénissant; à gauche la Vierge, à droite un saint en prière, en bas le pélican. Hauteur, 10,09; largeur, 0m,51. Travail italien (xive ou xve siècle.) — Venue de Rhodes.

Croix de chour. D'un côté : au centre, Christ en croix ; en haut, pélican posé sur le croissant; à droite, la Vierge ; à gauche, saint en prières; en bas, tête de mort. De l'autre côté : au centre, agneau nimbé passant; en haut, aigle; à gauche, lion; à droite, taureau; en bas, ange. Nous la croyons du treizième siècle. – Hauteur, 0m,71; longueur, 0m,58. – Venue de Rhodes. ;

.

IV.

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Ce manuscrit, dont l'importance n'échappera à personne, est conservé dans la bibliothèque du Chapitre. C'est un inventaire descriptif et estimatif de toutes les richesses du trésor de la sacristie de l'église conventuelle de Saint-Jean. Il porte pour titre : Inventario dello stato degli ori, argenti, gioje et altro della maggior chiesa di S. Giovanni, cappella della Bma Verg. di Filermo, Parrochia di S. Antonio abbate, ed altre cappelle ed oratorii dependenti dalla sacra religione..... et a été fait par ordre du sacré conseil (résolution du 14 décembre 1756). Nous avons ainsi la mention de tous les objets précieux, aujourd'hui perdus, et pour plusieurs d'entre eux leur reproduction figurée. Les dessins, coloriés à l'aquarelle, sont exécutés sans souci artistique, mais très exactement, de grandeur naturelle ; les pierres précieuses sont numérotées sur le dessin et estimées dans l'Inventaire. Sans parler des reproductions des petits objets d'orfèvrerie, le manuscrit renferme quinze grandes planches dont voici l'énumération :

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