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d'impôts; il demandera que les comptes des Etats soient imprimés et que des exemplaires en soient donnés aux bonnes villes; il demandera pour la ville de Hasselt l'indemnité des fournitures qu'elle a dû faire aux patriotes. "

Les Trois-Etats votèrent les impôts nécessaires, personne ne fut exempt; ils rétablirent les anciens tribunaux et ils adoptèrent la solution que le prince leur avait proposée sur leurs pouvoirs respectifs.

La commission chargée de l'exécution des sentences de Wetzlar était composée des quatre délégués des quatre princes exécuteurs. Elle avait, entre autres, dans ses attributions, de faire traduire les auteurs et fauteurs de la révolution devant la cour des échevins et de faire confisquer leurs biens pour payer tous les frais et dommages.

Il y avait à Hasselt un certain Bohy, ancien officier des patriotes, qui se vantait publiquement d'être patriote et qui se glorifiait d'avoir obligé le prince, notre évêque, d'accepter et de porter la cocarde patriotique. Le magistrat de la ville le fit arrêter, le 31 mars 1791, par le comte O' Donnel, commandant de la ville, qui le livra entre les mains de la commission. impériale. Au mois d'avril, il ordonna à tous les patriotes étrangers et sans aveu qui étaient restés en ville, d'en sortir.

Quant à l'avocat Hansen, il est probable qu'il fit sa soumission au prince, car nous ne l'avons point trouvé sur la liste. des patriotes qui ont été cités devant le tribunal des échevins et dont les biens ont été confisqués.

Arnold-Lambert De la Court, coadjuteur du curé, qui s'était laissé entraîner par le mouvement révolutionnaire, obtint le pardon de sa faute, après avoir fait une retraite de huit jours chez les frères Cellites.

Il n'y eut devant la cour des échevins de Hasselt aucun procès politique, ni même une simple demande de dommages et intérêts à la charge des patriotes.

ANALECTES VI.

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§ 10.

Le prince-évêque De Hoensbroeck mourut dans la nuit du 3 au 4 juin 1792. Le chapitre lui choisit pour successeur, le 16 août, le comte De Méan.

Les Français qui firent la conquête de notre pays entrèrent à Hasselt le 26 novembre 1792, sous la conduite du général J.-S. Eustache. Dès le lendemain, vers les huit heures du matin, ils y plantèrent l'arbre de la liberté; le magistrat fit chanter un Te Deum à l'église, et célébra sur la place publique autour de l'arbre de liberté la joyeuse entrée de ces libérateurs. On se figure facilement avec quelle répugnance il fit ces ovations aux Français qui s'emparaient injustement de notre pays et l'épuisaient par leurs exactions.

Comme les habitants tardaient à faire les nombreuses fournitures qu'on leur imposait, le général Eustache les menaça de réduire la ville en cendres; il avait, en effet, dans ses instructions: Si malheureusement quelque province, ville, bourg ou village est assez avilie par l'esclavage pour ne pas saisir avec enthousiasme l'arbre de la liberté que les Français veulent établir chez leurs voisins, le général annoncera à cette province, ville, bourg ou village qu'ils seront traités comme les vils esclaves de la maison d'Autriche et que les armées de la république, pour se venger des atrocités commises par les féroces soldats de ce féroce despote, mettront les villes en cendre et lèveront des contributions qui feront souvenir longtemps de leur passage. Les habitants firent les fournitures demandées et le général écrivit, le 30 novembre 1792, de son quartier général devant Visé, au magistrat, qu'après des instructions si précises et si terribles, il avait été obligé de menacer la ville de Hasselt, mais qu'il n'aurait point exécuté ces

menaces.

Le magistrat de la ville fut renouvelé au mois de décembre 1792 et composé de patriotes sous la présidence de Hansen.

Les patriotes Liégeois, rentrés dans le pays à la suite de l'armée française, voulurent faire voter tous les habitants en faveur de la réunion du pays à la France. Ils envoyèrent à cet effet Hyacinthe Fabry et Abraham Lesoinne à Tongres, à Bilsen, à Munsterbilsen et à Hasselt. Le 9 février 1793, racontent ces commissaires, nous nous sommes réunis à Hasselt. On ne peut point dire qu'en général l'esprit public n'y est pas bon, mais cependant nous attendions à y trouver plus d'énergie, plus d'élan vers les spéculations politiques que le moment actuel rend si intéressantes. On y aime la liberté; on y combattrait chaudement pour l'indépendance particulière du pays, mais on n'y est point familiarisé avec des idées plus étendues; on n'y médite point sur l'affranchissement entier de l'espèce humaine; on n'y pense point à serrer les nœuds de la chaîne philosophique qui va unir toutes les nations; on n'y suit point les grands mouvements que cette guerre, la seule juste, la seule bienfaisante, imprime à l'Europe; on n'y calcule point assez enfin les résultats qu'elle doit amener. Aussi dans des entretiens particuliers, avons-nous eu à lutter contre des vues un peu rétrécies. Bien des gens, par exemple, croyent que l'avantage du canton serait de faire à lui seul un département, si nous passons à la France. Elles pensent que les armées françaises, apportant aux peuples liberté et indépendance, le ci-devant comté de Looz pourrait se regarder comme un peuple à part et traiter, séparément du reste du pays de Liége, avec la république. Quelques personnes même allaient jusqu'à supposer qu'à ce petit département la France, qui a anéanti toutes les prérogatives et toutes les distinctions des ci-devant provinces, pourrait laisser des coutumes, des usages particuliers. Au reste, ces idées sont très-loin d'être celles de la majorité, et si nous les rappelons, c'est que nous sommes encore étonnés qu'elles aient pu subsister dans une ville comme Hasselt. La cause en est peut-être à ce qu'on n'y a pas davantage le goût des papiers-nouvelles. On y trouve dans les cafés les gazettes

de Liége et de Leyde, mais à présent même on n'y voit pas encore des feuilles françaises. Et pourtant Hasselt est peuplé; la un commerce très-actif, et il y règne une aisance assez générale. Il est temps de dire ce que nous y avons fait touchant notre mission. Le dimanche, 10 février, nous nous sommes présentés le matin à la municipalité et nous lui avons demandé, si elle jugeait à propos de discuter d'abord sur l'objet qui nous amenait, ou si elle voulait se rassembler spécialement dans l'après-dîner. Elle préféra ce dernier parti, eu égard surtout que plusieurs de ses membres étaient absents. Nous y retournâmes donc à trois heures. Les membres présents (car tous n'y étaient pas nous montrèrent les meilleures dispositions. Dans des communications très-franches, très-fraternelles, nous yîmes que le vœu de la réunion (à la France) était le vœu individuel de chacun; mais pour avoir le temps d'en mieux faire sentir l'utilité à leurs concitoyens et pour pouvoir fixer l'opinion de ceux-ci par une influence personnelle, ils crurent convenable d'attendre le retour de leur président, le citoyen Hansen, avant de convoquer la commune et de la faire délibérer là-dessus. Ils promirent en conséquence que, dans l'intervalle, ils prépareraient les esprits.... Nous nous sommes informés, si la nomination des députés à l'administration générale pour cette partie du pays avançait; et malheureusement il y avait encore à prévoir un retard de dix ou douze jours.... Un seul missionnaire a dû y préparer et y faire toute la besogne. Nous l'avons engagé à se choisir des adjoints pour la vingtaine de villages qui restaient à faire voter1. "

Il résulte évidemment de ce rapport qu'à Hasselt personne ne voulait de la réunion à la France ni de la convention nationale de Liége, pas même Hansen, l'ancien chef des patriotes Hasseltois. Aussi n'y eut-il aucune élection ni pour l'une ni

1) Ce rapport fut lu le 19 février 1793 à l'administration générale à Liège. Voyez Bulletin de la Société scientifique et littéraire du Limbourg, VI, p. 187.

pour l'autre. Et cependant les habitants étaient sous l'influence des troupes françaises et sous celle des commissaires des pa triotes Liégeois.

Les Français, vaincus par les alliés, abandonnèrent le pays le 5 mars 1793, et le prince-évêque qui avait émigré en Allemagne y rentra le 21 avril suivant.

Après le départ des Français, la première chose que firent les habitants de Hasselt fut de renverser l'arbre de la liberté. Ils brûlèrent, le 6 mars, ce symbole du despotisme de l'étranger.

Les patriotes les plus compromis, environ au nombre de deux cents, se retirèrent en France avec les troupes républicaines et continuèrent à y conspirer contre l'indépendance de leur pays; mais on ne voit parmi eux aucun habitant de Hasselt.

(La suite à la prochaine livraison).

EXTRAITS DU CARTULAIRE DU CHAPITRE DE HARLEBEKE',

I.

Philippe d'Alsace, comte de Flandre, fait une fondation pour subvenir à la fourniture du pain et du vin nécessaires au saint sacrifice de la Messe.

1177.

In nomine sanctae et individuae Trinitatis in perpetuum. Ego PHILIPPUS, Flandriae et Viromanniae comes, notum esse volo omnibus, quod pro salute animae meae dedi in elemosinam ecclesiae de Harlebeca quindecim solidos singulis annis accipiendos Insulis in dominica Palmarum ab eo, qui redditus

1) Ce cartulaire appartient aujourd'hui à M. le docteur Wittouck, à Hulste. La copie des documents nous a été communiquée par M. Fr. de Potter, un des auteurs de la savante Histoire des communes de la Flandre orientale.

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