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TOTAL GÉNÉRAL des dépenses. . fr. 1,342.52 »

Le budget arrive à un total de recettes de fr. 1,203.57; les dépenses s'élevant à la somme de fr. 1,342.52 il y a donc un déficit de fr. 138.95. Il est à remarquer que les dépenses de luxe ne sont pas exagérées puisqu'elles ne se montent qu'à fr. 18.72. Il est à noter encore que dans l'énumération des recettes figure un secours du bureau de bienfaisance évalué à 54 francs (108 pains de seigle de 2 kilogrammes). Mais il net s'agit pas d'un budget réel. Cela résulte des quelques remarques dont le budget est suivi et où il est dit que « la famille ouvrière devra faire disparaître ce déficit par des réductions de dépenses pour la nourriture, sur le vêtement et sur le chauffage ».

Piret, dans son Traité d'économie rurale, reproduisant le budget en question, émet « quelques doutes sur l'aisance relative qui, d'après ce budget, devrait être le lot des familles ouvrières hesbayennes, si on le compare à celui des familles ouvrières agricoles des autres contrées de la Belgique. Ceux qui connaissent les campagnes hesbayennes ont pu constater

ANNÉES.

1860

combien les habitations ouvrières y sont petites, mal bâties, d'une propreté douteuse, et combien les agglomérations qu'elles forment, c'est-à-dire les villages, y sont tristes, malpropres et de nature à ne donner nul indice de l'aisance relative de leurs habitants; les mendiants y sont sans doute rares, mais la population ouvrière, réduite à de faibles. salaires, ne respire pas l'aisance (1) ».

Ce que Piret écrivait en 1890 de l'aspect des villages hesbignons et des habitations ouvrières est encore quelque peu vrai, mais ce devait l'être bien plus il y a 50 ans. Les anciennes maisons ouvrières en font foi souvent elles étaient construites en torchis, couvertes de chaume, avec de petites fenêtres. Elles avaient l'air plutôt malpropre. Quant à la nourriture, c'est surtout aux ouvriers que s'appliquait ce que nous disions à ce sujet dans le chapitre précédent, l'ouvrier mangeait du pain de seigle et souvent il le mangeait sec.

Dans la notice de A. Damseaux concernant la culture hesbignonne, notice reproduite dans L'Agriculture belge de de Laveleye, nous trouvons une indication concernant les salaires payés dans la région de Gembloux de 1860 à 1877 (2).

1870

1877

HIVER.

1er novembre au 15 mars.

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Hommes. Femmes. Hommes. Femmes. Hommes. Femmes.

1.00

ET

PRINTEMPS

1.25

1.50

2.00

AUTOMNE.

0.80

1.00

1.25

MOISSONS.

(1) Bruxelles, Manceaux, 1890, t. II, p. 281. (2) Ouvrage cité, p. 206.

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Voyons maintenant les conditions actuelles et faisons la comparaison avec la situation antérieure, telle que nous la trouvons renseignée dans nos anciens documents ou telle que de vieilles personnes nous la dépeignent:

Thomassin se plaignait de la dureté avec laquelle les fermiers hesbignons, au commencement du XIXe siècle, traitaient leurs ouvriers.

Actuellement, les rapports entre fermiers et ouvriers sont bons, même souvent cordiaux. Cependant, sauf cas exceptionnels, les domestiques et surtout les servantes ne restent pas longtemps à la même ferme. Les ouvriers gardent généralement bien plus longtemps le même patron.

La distinction entre domestiques et ouvriers de ferme n'est plus si tranchée qu'elle l'était il y a un demi-siècle. Encore bien souvent il y a des domestiques logés et nourris à la ferme, mais il y a actuellement beaucoup plus de domestiques mariés, logeant chez eux et ne prenant plus les repas chez leur patron, la difficulté de trouver du personnel féminin servantes en est cause pour partie. Quand il y a des hommes à nourrir, il faut des servantes pour préparer les repas.

On trouvera aux annexes des indications concernant les gages et salaires pour un assez grand nombre de fermes des différentes parties de la Hesbaye; il est à noter que ces chiffres sont plutôt bas. Ils ont été fournis par les cultivateurs euxmêmes en vue de leur assurance-accidents, et puisque leur prime étant calculée en raison du salaire déboursé, ils avaient plutôt intérêt à amoindrir qu'à exagérer celui-ci. Nous estimons cependant que ces chiffres s'approchent de la réalité.

Au point de vue des gages et du salaire, il y a encore une remarque générale à faire: c'est qu'ils sont plus élevés dans la grande Hesbaye, c'est-à-dire là où la culture est moins morcelée, que dans cette partie de la Hesbaye où la culture est plus divisée et qui correspond assez bien à la partie flamande. Mais, en règle générale, le personnel qui est nourri à la ferme l'est aussi bien et même mieux dans la Hesbaye flamande que dans la Hesbaye wallonne.

Domestiques. Depuis 1850, les gages ont augmenté assez régulièrement; alors qu'à cette époque ils étaient de 100, 125, parfois jusque 150 francs, ils sont actuellement, pour les premiers domestiques, de 450 à 600 francs; dans les grandes exploitations où l'on a un chef de culture, ces gages sont supérieurs. C'est surtout depuis une quinzaine d'années que les gages des domestiques se sont accrus rapidement. Un fermier du nord de la Hesbaye liégeoise, étant entré dans sa ferme en 1894, avait alors deux domestiques, l'un payé à raison de 300 francs l'an et l'autre payé 290 francs. Tous deux étaient logés et nourris à la ferme. En 1907, il avait encore deux domestiques, mais l'un touchait, en dehors du logement et de la nourriture, 425 francs, l'autre 400 francs.

Les jeunes gens s'engagent vers l'âge de 15 à 16 ans, comme porchers d'abord, ils deviennent ensuite vachers et puis valets. Les gages du porcher sont de 60 à 100 francs, ceux du vacher de 120 à 150 francs; les domestiques jouissent en outre de certains avantages accessoires : ainsi les valets ont généralement 5 francs par tête de cheval vendu et 1 ou 2 francs par jument étrangère saillie par l'étalon de la ferme. Ils ont encore des pourboires quand ils font des charriages ou des labours pour des tierces personnes. Ces avantages supplémentaires peuvent atteindre environ 10 francs par mois.

Quand les domestiques sont mariés, ils ont en outre une ou deux verges de pommes de terre (une verge vaut 4 ares 36 cent.). Généralement ils paient de ce chef au cultivateur une petite indemnité (15 à 20 francs la verge); mais la terre que le fermier met à leur disposition est cultivée et fumée, ils ne fournissent que les tubercules. C'est un avantage qui peut être évalué à 40 ou 50 francs. Ils possèdent parfois en outre en propriété ou en location un coin de champ qu'ils cultivent au moyen des attirails du fermier et peuvent rapporter de la ferme un peu de feuilles de betteraves et autre nourriture pour leur vache. Parfois il est stipulé, lors de l'engagement de jeunes domestiques, que leurs parents auront droit à ces avantages.

Les domestiques entrent en service le plus souvent le

15 mars à midi; ils s'engagent pour un an, mais les gages sont payés par mois et bien souvent on quitte pendant l'année. Il est d'usage, en certaines parties de la Hesbaye, que chaque année, entre la Noël et le Nouvel an, le cultivateur « redemande» (engage à nouveau) ceux de ses serviteurs qu'il tient à conserver pour l'année suivante. Ceux qui ne sont pas « redemandés » pour le 1er janvier savent qu'ils ont à chercher une autre place.

Les domestiques qui logent à la ferme couchent dans un lit suspendu dans un coin de l'écurie ou de l'étable de bœufs. Parfois ils ont une chambrette au-dessus de l'écurie. Il n'y fait pas toujours très propre, mais c'est quelque peu la faute des domestiques eux-mêmes; ils font leur lit; à certains intervalles, ils ont droit à des draps propres, mais bien souvent il faut que la fermière leur impose de nouveaux draps, sinon ils conservent ceux qu'ils ont, disposés à dire que la literie nouvelle est moins chaude.

S'ils sont nourris à la ferme, ils ont à discrétion la nourriture dont il a été question plus haut dans le chapitre relatif au cultivateur.

S'ils sont nourris chez eux, la nourriture est moins abondante et généralement moins bien préparée. La monographie des populations agricoles de la Campine, publiée par l'Académie, constate que l'ouvrier campinois et aussi le petit cultivateur ne sont pas suffisamment nourris (1). Il n'en est pas de même en Hesbaye. On y mange généralement cinq fois par jour, et le plus souvent, nous pouvons même dire généralement, le lard fait partie d'au moins un repas. Tous les ouvriers ont un porc qu'ils tuent pour leur propre consommation. Quand cette viande est mangée, ils achètent bien souvent du lard étranger. Nous donnons plus loin le menu. des repas en parlant de l'ouvrier agricole.

Il est plus difficile de trouver des servantes qui veuillent

(1) De landelijke bevolking der Kempen gedurende de XIXe eeuw, passim.

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