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et, dès qu'ils avaient atteint un âge suffisant, ils étaient admis à faire leur noviciat et à prononcer les vœux, comme frères ou sœurs de l'Ordre.

Outre ces enfants, beaucoup des orphelins recueillis par les frères, ou donnés par des parents pauvres, passaient au rang d'oblats et entraient par les vœux dans la commu

nauté.

Non seulement les enfants, mais aussi les personnes de tout âge, pouvaient se présenter comme oblats dans les hôpitaux, si elles n'étaient pas retenues dans le monde par les liens du mariage. L'oblat ou le donné d'âge mûr était reçu avec les mêmes solennités que les enfants'; il s'engageait à suivre en tout la règle et les usages de la maison, et promettait d'obéir aux supérieurs et de partager les occupations des frères; moyennant quoi la maison le prenait à sa charge. Tantôt l'oblat se donnait pour toute sa vie et avec tous ses biens, tantôt il ne promettait que pour un temps déterminé sa résidence et ses services', et alors il se réservait l'administration de sa fortune et s'engageait à une redevance annuelle. On trouve des exemples de ces diverses sortes d'oblats dans l'ordre du Saint-Esprit *.

Bien plus. par une dérogation aux lois, qui montre bien l'affection des Souverains Pontifes pour l'Ordre, il était permis aux clercs de servir pour un an ou deux dans les hôpitaux, sans perdre pour autant leurs bénéfices; les prélats devaient même les encourager à ces actes de cha

*Iria.. c. LX::.

* Oratic: conside his famus rei puero Ibid., c. V.. • Vor Ducange. V Opati

Ofrande dora à la maison du Saint-Esprit de Poligny 1200 : « Je Henriette de Poioigney... desirant le salut et le remède de m'arme, me suis rendie et donnee arme et mon cors à Deu, et à la maison du Saint Esprit de Besancon cest a scavoir à la maison de Poioigney, et a donné et octrové por moi et par les miens er pure donacion entre vis..... et en agmone perpetual a Del et a la maison du Sam Esprit de Poioigney ces moie choses capres dres et specifices.... » Chevaler, Histoire de Pougny, 1709. II, p. bos. Fennelle de Poligry mourut er 1:28, d'après le necrologe de Besancon

rité. I's devenaient alors de véritables cblats à temps.

Ceux qui se donnaient ainsi aux monastères et aux hôpitaux revétaient habituellement le costume de la maison. et beaucoup, au bout d'un certain temps. faisaient profession.

I's cédaient la préséance aux frères, quand ils ne portaient pas l'habit religieux'.

SERVITEURS. — On voit de quel secours devaient être aux maisons ces oblats, qui partageaient les labeurs et la charité des frères. Quand ils manquaient, on employait des serviteurs à gages, qui suppléaient au petit nombre des frères et des sœurs. Ils étaient sous la surveillance du camérier, et recevaient de lui leur besogne et leur salaire.

Les secours de ces hommes à gages étaient surtout nécessaires dans les granges et exploitations agricoles, dépendances nécessaires, dont la charité des bienfaiteurs avait pourvu tous les hôpitaux.

COSTUME ET INSIGNES. — Au moment où Gui fondait son institut. le costume religieux et ecclésiastique ne différait pas sensiblement du costume laïque. La robe, appelée aussi gonne ou cotte, et par dessus, la chape garnie de son chaperon, ou le manteau, de proportions moins amples, constituaient les pièces principales de l'habillement des deux sexes. Les grands ordres seuls avaient adopté une couleur unique pour les vêtements: le noir appartenait aux Bénédictins, le blanc aux Chartreux, aux Prémontrés, aux Augustins'. Quant au clergé séculier, les canons des conciles, tout en lui recommandant la modestie dans l'habillement, n'imposaient point une couleur unique; aussi les monuments du moyen-âge montrent-ils les ecclésiastiques vêtus indifféremment de couleurs variées, parmi lesquelles

'Nicol. IV, Const. I (Diplom., I, p. 33).

3

Regula, c. LXXIX.

* Quícherat, Histoire du costume en France, p. 168, 318.

dominent le bleu céleste, le violet et le rouge. L'idée de réduire le clergé à l'usage exclusif du noir appartient à S. Charles Borromée; adoptée immédiatement par toute l'Italie (1565), cette couleur ne se répandit en France qu'à partir de 1583 '.

Gui choisit pour son ordre la couleur bleue, la moins éclatante de celles qui étaient alors en usage chez les clercs. L'habillement ordinaire de ses religieux consistait en une soutane ou cotte bleu-céleste, puis en un manteau ou une chape noire avec capuce de même couleur. C'est ainsi que les miniatures du beau manuscrit de la règle représentent les frères de l'hôpital de Sainte-Marie in Saxia.

Fig. 1. D'après le ms. de la règle. XIIIe s.

De même aussi les Dalles funéraires de deux recteurs de Dijon au XIVe siècle, frère Pierre d'Auxonne (1335) et frère Guillaume de Fouvent (1388), les représentent le premier, vêtu du manteau noir, retenu sur la poitrine par une patte, et le second, de la chape et du capuce. Ce costume se maintint sans changement notable jusqu'au XVIe siècle,

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• Voir les dessins de ces Dalles tumulaires dans les mss. de Dom Calmelet. nous donnons ici une reproduction de la première. Les sceaux de frère Jean, dixième grand maître (1290) et de frère Michel de Cesis (1346) les représentent vêtus de la chape et du capuce. (Pl. VII et VIII).

car dans le manuscrit de l'hôpital de Dijon, dont nous avons déjà parlé, on retrouve la robe bleue et le manteau noir, retenu au cou par deux boutons, et quelquefois le capuce retombant sur les épaules'.

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Fig. 2. Dalle tumulaire de frère Pierre d'Auxonne. XIV' s.

Les sœurs avaient comme les frères la robe bleue et le manteau noir, et sur la tête une guimpe et un voile blanc'.

A partir de la réforme opérée par S. Charles Borromée, les religieux du Saint-Esprit adoptèrent le costume ecclésiastique ordinaire, de couleur noire. Au chœur, ils étaient vêtus d'un surplis, qui dans la saison d'hiver disparaissait sous une grande cape de drap noir, doublée d'étoffe

'Voir ces miniatures dans la Notice de Peignot et aux pl. III et IV du présent ouvrage.

2 Voir la pl. IV.

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