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TIRÉ A 200 EXEMPLAIRES

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82, KUE BONAPARTE, 82

1885

AVERTISSEMENT

Ce n'est pas sans une certaine appréhension et sans un sentiment profond de notre insuffisance, que nous commençons la rédaction de l'histoire des Ducs de Bourgogne de la première race. Les corporations seules pouvaient consacrer le temps suffisant à la préparation d'un tel ouvrage. Lorsque tant de congrégations, après d'immenses recherches, après avoir péniblement réuni de nombreur matériaux, n'ont pu achever leurs travaux, comment espérer d'être plus heureux !

Au milieu de ces chroniques du onzième siècle, si confuses, si laconiques, parfois si contradictoires; u travers cette période si pauvre en documents, comment ne pas reculer tout d'abord devanı la témérité de l'entreprise!

Ne peut-on craindre d'étre accusé de présomption, quand Raoul Glaber, écrivain de la première moitié de ce siècle, qui vivait en Bourgogne, qui avait fait des recherches pour la composition de son histoire, qui pouvait trouver bien d'autres éléments de travail aujourd'hui perdus, après avoir nommé le père et le grandpère de Hugues Capet, s'excuse ingénument de n'avoir rien découvert avant eux, parce qu'au dessus de ces générations, il ne trouvait qu'obscurité et confusion. Il est vrai que cent ans plus tard, Albéric de Trois-Fontaines se vante fort d'avoir trouvé le grand-père !lu roi Robert, sans pouvoir remonter plus haut dans l'échelle généalogique de la dynastie Cupétienne.

La difficulté de la tâche ne nous a point arrêté, et sans craindre le reproche d'avoir donné un livre trop hâtif et pas assez mûri, nous avons résolument commenla mise en ouvre des matériaux recueillis pendant bien des années dans les fonds inexplorés de nos archives, et dans les manuscrits de ceux qui avant nous avaient entrepris ce travail ingrat de défrichement.

D'autre part, des amis zélés nuus encourageaient nous pressaient, en nous rappelant que la durée de la vie d'un homme est limitée, que les facultés intellectuelle s'émoussent, que la puissance de travail s'affaiblit avec l'âge, que les entreprises littéraires ne trouvent point d'héritiers, et que quand de semblables recherches ne sont pas pendues après celui qui les a faites, rarement elles servent à d'autres.

Pour moi, je me rappellerai toujours avec bonheur les jours d'été, pendant lesquels enfermé dans un vieux monastère perdu dans les bois, au milieu d'une église transformée en bibliothèque, encombrée de parchemins et de cartulaires copies de toutes parts, je venais compulser, comparer, remuer tous ces souvenirs du moyen åge. En me promenant sous les arcades de ce cloitre solitaire, j'ai pris immédiutement les faux airs d'un

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