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Le territoire de Grand-Jamine s'étendait sur une superficie de 512 bonniers 17 verges (1) et contribuait dans les tailles ordinaires au profit de l'Etat pour la somme de 17 florins.

Le domaine le plus important situé dans l'agglomération, le fief de Termotten (la Motte), était absolument étranger à la commune, il relevait directement de la cour féodale de Liége et avait une contenance de 23 bonniers 3 verges.

Nous avons trouvé trace de l'existence, dans la localité, de plusieurs juridictions secondaires, cours jurées ou cours de tenants (2).

Les exploitations importantes n'y manquaient pas, ainsi qu'en fait foi le registre des impositions locales; l'une d'entre elles comprenait plus de 50 hectares, une autre dépassait 40 hectares et les fermes de 20 à 25 hectares n'étaient pas rares. Aussi le nombre d'exploitations recensées était, en 1758, de cinquante-deux. En 1814, le nombre des exploitations était descendu à quarante-trois.

Deux d'entre elles étaient de plus de 40 hectares.
Trois de 30 hectares et de moins de 40.
Quatre entre 15 et 30.
En 1846, il y avait :

5 exploitations de 30 à 40 hectares.
3

20 à 30
3

15 à 20
5

10 à 15
5 à 10
1 à 5

mael, Mettecoven, Mielen-s/Aelst, Petit-Jamine, Vryheers dépendant actuellement d'Engelmanshoven. Voir sur l'histoire de ce quartier hemPENEERS, De Oule Vrijheid Montenaeken, Louvain, 1862.

(1) Procès-verbal de mesurage des communes du ban de Gelinden en date du 9 octobre 1616. Copie certifiée conforme dans les archives du Château de la Motte, à Grand-Jamine.

Voir sur les Cours de tenants et la censive féodale l'intéressant ouvrage de M. PAUL ERRERA, Les Masuirs (Bruxelles, 1891), et le bref mais substantiel article de M. Brants, La Censive féodale. (REVUE CATHOLIQUE de Louvain, 15 janvier 1878.)

Trente-quatre exploitations ont moins de 1 hectare.
La statistique de 1905 nous donne :

1. 1 exploitation de plus de 40 hectares occupant 44 ha. 10
2. 3 exploitations de 30 à 40

97 ha. 17
3. 4
20 à 30

102 ha. 24
4. 2
15 à 20

34 ha. 00
5. 6
10 à 15

70 ha. 81
6. 13
5 à 10

87 ha. 33
7. 8
3 à 5

30 ha. 87
8. 6
2 à 3

13 ha. 81
9. 13
1 à 2

19 ha. 02.

La statistique agricole ne tient compte que d'une exploitatation de moins de 1 hectare, elle a négligé les infiniment petits : le jardin de l'ouvrier ou l'are de terre qu'il cultive à la campagne, tandis que le recensement de 1846 en tient compte.

Il y avait donc, en 1846, quarante exploitations de plus de 1 hectare, tandis qu'en 1905 leur nombre était monté à cinquante-cinq.

La comparaison de ces divers chiffres permet de constater que la culture tend de plus en plus à se morceler (1).

La superficie des vergers situés dans la commune est d'environ 50 hectares, celle des prairies de 25 hectares et celle des prairies pâturées de 30 hectares. Tout le reste du territoire, soit 380 hectares environ, est en terres arables, routes, cours et jardins. On remarquera que, tandis que des habitants des communes voisines cultivent un assez grand nombre de par.

(") Elle dénote cependant la diminution du nombre des cultures de moins d'un hectare. Ainsi, en 1846, les exploitations de plus d'un hectare ne comprenaient ensemble que 432 hectares 43 ares 52 centiares, tandis qu'elles comprenaient 500 hectares en 1905.

celles sous le territoire de Grand-Jamine, les Jaminois ont, par contre, en exploitation des terrains situés en dehors du territoire. La superficie totale des cultures étant de 500"87 et celle du territoire n'atteignant que 480 hectares, ils cultivent beaucoup plus de terrains dans les localités voisines que les habitants de celles-ci n'en cultivent à Grand-Jamine.

Les moyens de communication et de transport sont assurés par une station du chemin de fer vicinal d'Ans. Oreye-SaintTrond et une halte du chemin de fer de l'Etat à Houppertingen, la première distante de 15 minutes et la seconde de 40 du centre de l'agglomération. Les relations avec Saint-Trond et l'ouest du

pays
ainsi

que celles avec le bassin de Liége sont assurées par les deux voies.

CHAPITRE II.

La population.

La commune de Grand-Jamine avait, au 31 décembre 1905, une population de 518 habitants dont 278 du sexe masculin et 240 du sexe féminin. Ces 518 habitants forment 110 ménages, soit en moyenne 4.7 habitants par ménage, qui occupent 106 maisons ou portions de maison ayant une entrée distincte. Il n’y a, en général, qu’un ménage par maison ou partie de maison. Dans 2 maisons seulement, il existe double ménage. En 1846, il n'y avait dans la commune que 74 maisons. La population était de 374 habitants, le nombre de ménages de 72, ce qui donne une moyenne de 8.2 habitants par ménage.

Six jeunes couples demeurent chez les parents de l'un des deux époux; il existe, au surplus, quatre couples qui n'ont point, à proprement parler, d'habitation commune, en ce sens que les époux vivent et travaillent chacun chez leurs parents respectifs et que leur réunion n'a lieu que vers la soirée. 4 ménages d'époux seulement n'ont point eu ou conservé d'enfants de leur union; 4 personnes vivent absolument seules; 2 autres ne sont entourées que de domestiques. On compte, au surplus, 8 ménages de frères et sæurs célibataires vivant ensemble et 3 de célibataires vivant avec des frères ou scurs mariés. Dans un ménage, le père, agé, est en pension chez son fils.

État civil.

· Le tableau suivant donnera une idée de la moyenne des naissances et des décès pendant le siècle écoulé:

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On le voit, si la population n'avait pu s'augmenter que par l'excédent des naissances sur les décès, l'augmentation eût été bien minime. Cette situation peut être due à deux causes : a) augmentation trop lente ou diminution du nombre des naissances ; b) augmentation trop forte ou diminution trop lente du nombre des décès.

Il suffit de jeter un coup d'ail sur le tableau que nous venons de dresser pour se rendre compte de ce que cette situation doit surtout être attribuée à un déficit des naissances : en effet, de 1821 à 1890, le nombre des naissances n'a fait que décroître, la moyenne annuelle est de 13 pour le premier tiers de cette période, de 12 pour le second et de 11 pour le troisième, soit une progression décroissante. Les décès ne peuvent contribuer à cette situation défavorable puisqu'ils sont en progression décroissante pendant toute la période, et c'est grâce à leur diminution que le chiffre de l'écart 3 a pu

être maintenu

C'est donc à la pénurie des naissances qu'il faut imputer l'accroissement trop lent de notre population. Est-ce à dire que celle-ci serait due à une violation des lois naturelles ? Nous ne le pensons pas ; les unions sont généralement fécondes et nous voyons la natalité se reproduire dans les ménages à des intervalles très réguliers. La raison doit en être trouvée, pensons-nous, dans le mariage tardif des fils et filles des fermiers ou petits cultivateurs et dans l'exode et l'établissement à l'étranger des enfants d'ouvriers. D'autre part, l'immigration est représentée en grande partie par des servantes et domestiques de ferme, élément toujours changeant qui ne fait point souche dans la localité. Ce qui nous confirme dans cette opinion, c'est qu'il se célèbre dans la commune très peu de mariages, et on peut affirmer, en règle générale, qu'il n'y a guère que les mariages célébrés dans la commune qui donnent naissance à des familles destinées à y demeurer ; les garçons n'épousent presque jamais d'étrangères, sauf toutefois ceux qui quittent sans esprit de retour, et les jeunes filles, lorsqu'elles font célébrer leur mariage dans la localité, continuent à y demeurer (1). :)

Pour les deux premières parties de la période 1820 à 1890, la moyenne des mariages est en dégression 2,6 à 2,2. Pour la dernière partie elle monte à 2,4, tandis que la moyenne des naissances continue à décroitre. Peut-être les unions contractées pendant la crise agricole de 1880 à 1889 l'ont-elles été plus tardivement et par là même moins fécondes. Aussi voyons-nous les chiffres remonter immédiatement à partir de 1890: la moyenne des mariages augmente a 3,3 et les naissances font un bond considérable, elles atteignent la moyenne de 16.

(4) Lorsqu'une jeune fille épouse un étranger avec l'intention de se fixer en dehors de la commune, il est bien rare que son mariage se célèbre chez elle. La noce a lieu le plus souvent, dans ce cas, chez le mari. On remarque qu'il existe assez bien d'unions entre jeunes filles de la localité et jeunes gens étrangers; il le faut bien, nos jeunes gens ne se décident au mariage que très difficilement.

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